Smartphones : le Maroc abaisse drastiquement les droits de douane
Le marché marocain des téléphones mobiles s’apprête à connaître une reconfiguration majeure à partir de 2026, à la faveur d’une réduction historique des droits de douane. La Loi de finances 2026 acte en effet un abaissement spectaculaire du taux applicable aux smartphones, ramené de 17,5 % à 2,5 %, une décision présentée par les autorités comme un levier à la fois économique, industriel et commercial.
Cette réforme vise plusieurs objectifs stratégiques : soutenir l’essor de l’assemblage national, endiguer la montée du commerce informel, faciliter l’accès à des smartphones compatibles avec la 5G et restaurer la compétitivité des distributeurs opérant dans le circuit formel. Elle marque un tournant dans la politique fiscale appliquée à un segment devenu central dans la consommation des ménages et la transformation numérique du pays.
L’exécutif reconnaît que la taxation instaurée en 2024 s’est révélée contre-productive. Fixé à 17,5 %, le droit d’importation avait affaibli la compétitivité des opérateurs respectant le cadre légal, tout en favorisant les importations illégales et les circuits parallèles. La baisse décidée s’inscrit ainsi dans une logique de régulation du marché, visant à freiner la contrebande, améliorer la traçabilité des produits et rétablir la confiance des consommateurs dans l’offre officielle.
La mesure s’applique à l’ensemble des smartphones, qu’ils soient importés finis ou sous forme de kits CKD et SKD, relevant des positions tarifaires 8517.13.00, 8517.14.00 et 8517.18.00 du Tarif des Droits d’Importation. Une distinction est toutefois prévue pour les appareils importés en kits, classés sous la position 8517.13.00.30, afin d’accompagner la montée en puissance de l’assemblage local.
Du côté des entreprises, la CGEM avait de longue date plaidé pour un retour à un taux réduit. L’organisation patronale estimait que la hausse précédente n’avait ni protégé la production locale ni renforcé l’industrie, mais avait au contraire accentué la pression sur les importateurs et distributeurs du secteur formel, exposés à une concurrence jugée déloyale de l’informel.
Sur le front des prix, l’annonce a nourri de fortes attentes chez les consommateurs, qui espèrent une baisse sensible du coût des smartphones. Les professionnels tempèrent néanmoins cet optimisme, rappelant que les stocks actuellement en circulation ont été importés sous l’ancien régime fiscal. Les ajustements tarifaires devraient donc s’opérer progressivement, au fil de l’écoulement des stocks et de l’arrivée de nouvelles importations. Selon les modèles et les spécifications techniques, la baisse pourrait toutefois atteindre plusieurs centaines de dirhams.
Au-delà de ses effets immédiats sur le marché, la réforme est également présentée comme un levier industriel structurant. En allégeant la fiscalité à l’importation, les autorités entendent favoriser l’implantation et la consolidation d’unités locales d’assemblage de smartphones, créatrices de valeur ajoutée et d’emplois. Une orientation qui s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de l’industrie nationale, face à la pression persistante des importations et aux défis de la compétitivité régionale.
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