Crédibilité financière : GCR relève la note de ONATEL Burkina Faso à A+(WU) - FINECO Crédibilité financière : GCR relève la note de ONATEL Burkina Faso à A+(WU) - FINECO

Crédibilité financière : GCR relève la note de ONATEL Burkina Faso à A+(WU)

Crédibilité financière : GCR relève la note de ONATEL Burkina Faso à A+(WU)

L’agence de notation GCR Ratings, basée à Dakar, a rehaussé la note d’émetteur de long terme de l’Office national des télécommunications du Burkina Faso (ONATEL-SA), la faisant passer de A(WU) à A+(WU) sur son échelle régionale. La perspective associée à cette notation est stable, tandis que la note de court terme a été confirmée à A1(WU). La nouvelle notation est valable pour une période d’un an, de décembre 2025 à novembre 2026.

Selon GCR, ce relèvement repose sur la capacité durable de l’opérateur à générer une rentabilité solide et des flux de trésorerie élevés, renforçant sa flexibilité financière dans un contexte marqué par l’augmentation des besoins de financement des investissements et le maintien d’une politique de dividendes exigeante. Ces fondamentaux financiers robustes compensent, aux yeux de l’agence, la faiblesse relative du profil d’affaires d’ONATEL-SA, qui conserve une position de challenger sur le marché burkinabè de la téléphonie mobile.

L’agence souligne que le profil financier de l’opérateur est demeuré solide en 2024, porté par une reprise modérée de l’activité. Les revenus ont progressé de 2 % pour atteindre 142 milliards de FCFA (environ 253 millions de dollars), contre 139 milliards de FCFA en 2023. Cette amélioration est principalement attribuée à la forte croissance du segment très haut débit, en hausse de 152 %, devenu le principal moteur de développement de l’entreprise.

Les marges opérationnelles sont restées stables malgré un environnement sécuritaire contraignant, avec une marge brute de 24 % et une marge nette de 15 %. Pour GCR, cette résilience traduit une bonne maîtrise des coûts et un positionnement commercial solide sur un marché fortement concurrentiel. L’agence anticipe toutefois des pressions accrues sur les marges au cours des 12 à 18 prochains mois, en raison de la hausse des charges énergétiques et des dépenses de maintenance et de sécurisation des infrastructures dans les zones à risques.

GCR note par ailleurs que la forte capacité bénéficiaire d’ONATEL-SA soutient des flux de trésorerie d’exploitation élevés, en amélioration en 2024 grâce à une gestion plus efficace du besoin en fonds de roulement. Néanmoins, les tensions sur la liquidité observées en 2023 se prolongent, sous l’effet conjugué d’une politique de dividendes attractive et de besoins croissants d’investissements. Le ratio de couverture demeure proche de 100 % et devrait rester à ce niveau à court et moyen terme.

Sur le plan concurrentiel, l’agence estime qu’ONATEL-SA conserve un positionnement adéquat, soutenu par une large couverture réseau, une offre de services convergents et l’appui opérationnel du groupe Maroc Telecom. La croissance du très haut débit et du Mobile Money continue de dynamiser l’activité, tandis que l’extension du réseau favorise l’élargissement de la base clients. Toutefois, la pression tarifaire exercée par le leader du marché, Orange Burkina Faso, et les contraintes sécuritaires continuent de peser sur la rentabilité.

Avec une part de marché de 26 %, ONATEL-SA se positionne derrière Orange Burkina Faso (62 %) et devant Telecel (8 %), dans un secteur qui a généré 533 milliards de FCFA de revenus en 2024, en croissance de 4 %. L’opérateur compte 12,023 millions d’abonnés, contre 12,636 millions pour Orange, sur un total sectoriel de 27,455 millions.

Dans son analyse, GCR intègre également le soutien du groupe Maroc Telecom, actionnaire majoritaire d’ONATEL-SA. Cet appui, matérialisé par le partage d’expertise, les synergies techniques et la standardisation des processus, renforce le profil de crédit de l’opérateur et sa capacité à absorber les chocs externes.

La perspective stable attachée à la notation reflète, selon l’agence, la probabilité que l’opérateur continue de dégager des marges de profit adéquates grâce à la stabilité de sa structure de coûts, malgré une liquidité sous pression et le maintien de sa position de challenger sur le marché burkinabè.