Suspension du gaz israélien : Le Caire rassure
Malgré l’interruption du flux de gaz en provenance d’Israël sur fond de guerre au Moyen-Orient, les autorités égyptiennes se veulent catégoriques : il n’y aura pas de coupures de courant cette année. « Il n’y aura pas de coupures de courant cette année aussi et nous avons des scénarios de crise en collaboration avec le ministère de l’Électricité », a assuré Mahmoud Nagy, porte-parole du ministère du Pétrole et des Ressources minérales.
Le ministère a confirmé l’arrêt des livraisons israéliennes, consécutif au déclenchement des hostilités régionales. Toutefois, selon Nagy, cette suspension n’aura pas d’impact sur la production d’électricité ni sur l’approvisionnement des secteurs industriel et domestique. « L’Égypte ne sera pas à la merci du gaz israélien », a-t-il insisté lors d’une intervention sur la chaîne Sada El-Balad, affirmant que le pays dispose de stocks suffisants pour compenser la perte des volumes habituels, estimés entre 900 millions et 1,1 milliard de mètres cubes par jour.
La décision israélienne intervient après l’annonce, samedi, par le ministre israélien de l’Énergie, de la suspension des exportations vers l’Égypte à la suite des frappes américano-israéliennes contre l’Iran. Cette mesure affecte notamment les livraisons issues du champ gazier Leviathan, principal site d’exportation vers l’Égypte.
En vertu d’un accord signé en 2019, l’Égypte reçoit environ 4,5 milliards de mètres cubes de gaz par an via ce gisement. En août 2025, cet accord a été prolongé jusqu’en 2040 – au lieu de 2030 – avec un volume total prévu de 130 milliards de mètres cubes, pour une valeur estimée à 35 milliards de dollars, selon NewMed Energy.
Face à cette nouvelle interruption, les autorités égyptiennes mettent en avant la diversification des sources d’approvisionnement. Dans un communiqué publié le même jour, le ministère du Pétrole a souligné la résilience du système énergétique national, assurant que les capacités alternatives et la pluralité des fournisseurs garantissent la stabilité du réseau.
Le pays a notamment sécurisé des contrats de long terme avec des fournisseurs internationaux et renforcé ses infrastructures de regazéification, avec des terminaux à Aïn Sokhna et sur la façade méditerranéenne. Une coordination étroite avec la Jordanie est également activée afin d’assurer des flux alternatifs de gaz naturel liquéfié (GNL).
Ce n’est pas la première fois que les flux gaziers entre les deux pays sont perturbés pour des raisons sécuritaires. Mais cette fois encore, Le Caire affirme avoir anticipé le choc et se dit en mesure de préserver la continuité de l’approvisionnement électrique et la stabilité du marché énergétique national.
