CEMAC : l’excédent commercial pourrait chuter de moitié
La balance commerciale de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) devrait enregistrer une nette dégradation en 2025. Selon des prévisions établies à partir de données nationales et des estimations de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), l’excédent commercial de la sous-région pourrait s’établir autour de 3.506,8 milliards de FCFA, soit environ 5,8 milliards de dollars. Cela représenterait une baisse d’environ 50 % en glissement annuel.
En comparaison, la BEAC indique que cet excédent dépassait 7.114,9 milliards de FCFA en 2024, soit près de 12 milliards de dollars. Cette forte contraction s’explique par ce que la Banque centrale qualifie de « double déséquilibre structurel ».
Dans son analyse, l’institution souligne en effet une chute significative des exportations combinée à une progression continue des importations dans la sous-région. Les exportations de biens devraient reculer d’environ 17,4 %, tandis que les importations poursuivraient leur hausse d’environ 2,6 %. Cette évolution opposée accentue les pressions sur les comptes extérieurs des pays membres.
Dans le détail, la Guinée équatoriale apparaît comme l’économie la plus affectée. Fortement dépendant de ses recettes pétrolières, le pays devrait enregistrer une contraction d’environ 31,8 % de ses exportations. Le Congo et le Tchad suivent la même tendance, avec des reculs estimés respectivement à 11,7 % et 10,4 %.
Au Gabon, l’excédent commercial devrait également se réduire de manière notable, passant de 3.552,2 milliards de FCFA (près de 6 milliards de dollars) à 2.575,1 milliards de FCFA, soit environ 4,3 milliards de dollars sur la période analysée.
La situation est particulièrement préoccupante au Cameroun, première économie de la zone CEMAC. Le pays devrait afficher en 2025 un déficit commercial estimé à 738,3 milliards de FCFA, soit environ 1,2 milliard de dollars. Cette évolution reflète notamment la faible compétitivité de l’industrie locale face aux produits importés, un déséquilibre qui pèse sur les échanges extérieurs depuis plusieurs années.
Dans ce contexte globalement défavorable, la République centrafricaine constitue la seule exception notable. Selon la BEAC, ses exportations devraient bondir d’environ 206,6 %, après une année 2024 marquée par une forte contraction. Toutefois, la Banque centrale souligne que cette progression reste insuffisante pour inverser la tendance générale observée dans l’ensemble de la sous-région.
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