Égypte : flambée des carburants
L’Égypte fait face à une nouvelle flambée des prix de l’énergie. Le ministère du Pétrole et des Ressources minérales a annoncé une hausse immédiate de 3 livres égyptiennes sur les carburants, entrée en vigueur mardi 10 mars à 3h du matin. Cette augmentation, comprise entre 14 % et 30 % selon les produits, intervient dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de forte hausse des cours du pétrole.
La nouvelle grille tarifaire affecte particulièrement le diesel, carburant le plus utilisé par les transporteurs de marchandises, ainsi que l’octane 80, largement consommé par les taxis et les microbus. Le prix du diesel passe ainsi de 17,5 à 20,5 livres égyptiennes le litre, soit une hausse de 17,4 %, tandis que l’octane 80 grimpe de 17,75 à 20,75 livres, en hausse de 16,9 %.
Les autres carburants sont également concernés. Le litre d’octane 95, principalement utilisé par les catégories les plus aisées, passe de 21 à 24 livres, soit une hausse de 14,29 %. L’octane 92, consommé majoritairement par la classe moyenne, augmente quant à lui de 19,25 à 22,25 livres, soit une progression de 15,58 %.
Le gaz naturel pour véhicules n’échappe pas à cette révision tarifaire. Son prix passe de 10 à 13 livres le mètre cube, ce qui représente une augmentation d’environ 30 %. Parallèlement, la bonbonne de gaz domestique de 12,5 kg est désormais vendue à 275 livres contre 225 auparavant, tandis que celle destinée à un usage commercial passe de 450 à 550 livres.
Dans son communiqué, le ministère explique que cette décision intervient dans un contexte exceptionnel marqué par l’escalade militaire au Moyen-Orient et ses répercussions directes sur les marchés mondiaux de l’énergie. La hausse des coûts d’importation, les perturbations logistiques et l’augmentation des frais d’assurance maritime ont contribué à la flambée des prix pétroliers, le baril ayant franchi la barre des 100 dollars.
Les tensions dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % de la production mondiale de brut, ont particulièrement aggravé la situation. Les hostilités dans la région ont entraîné un ralentissement du trafic maritime et une hausse des coûts de transport, après que les Gardiens de la Révolution iraniens ont revendiqué un contrôle total de ce passage stratégique.
Face à cette situation, l’État égyptien affirme vouloir accélérer ses projets d’exploration et de production locale afin de réduire sa dépendance aux importations énergétiques.
La hausse des carburants a déjà des répercussions directes sur la vie quotidienne. Le gouvernorat du Caire a annoncé une révision immédiate des tarifs des transports publics et privés, incluant microbus, bus et taxis blancs. Les nouveaux prix augmentent de une à trois livres selon les trajets. À Gizeh, les autorités locales ont également appliqué une hausse d’environ 17 % pour les transports collectifs urbains et interurbains.
