Marché : la flambée du pétrole bouscule l’or en Égypte - FINECO Marché : la flambée du pétrole bouscule l’or en Égypte - FINECO

Marché : la flambée du pétrole bouscule l’or en Égypte

Marché : la flambée du pétrole bouscule l’or en Égypte

Sous l’effet d’un arbitrage mondial inédit, l’or recule face à la montée en puissance du pétrole, bouleversant les équilibres des marchés. En Égypte, la livre d’or est ainsi retombée à 54 080 livres égyptiennes ce mardi 24 mars, mettant fin à une hausse amorcée au début du conflit au Moyen-Orient.

Pourtant, la période de Aïd al-Fitr, habituellement marquée par une forte demande en bijoux et en or, n’a pas suffi à soutenir les prix. Depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, entrée dans son 25e jour, la tendance reste orientée à la baisse.

Dans le détail, le carat 24 s’est établi à 7 725 livres égyptiennes, le carat 21 à 6 760 livres et le carat 18 à 5 794 livres, soit un recul moyen de plus de 3 % depuis le 28 février. La livre d’or, qui avait atteint 59 000 livres au début du mois de mars, poursuit ainsi son repli.

Selon Hani Milad, chef de la division de l’or à l’Union des chambres de commerce, cette baisse s’explique par un repositionnement stratégique des États. « Les prix de l’or diminuent car les États vendent leurs réserves pour financer l’augmentation de leurs stocks de pétrole », a-t-il expliqué, soulignant que la hausse des taux d’intérêt attendue et la forte demande énergétique pèsent également sur les cours.

Ce basculement s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, marqué par des attaques iraniennes visant des bases américaines et des restrictions sur le passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, perturbant les flux mondiaux d’énergie.

En Égypte, les prix locaux ne font que refléter cette tendance globale, avec une baisse légèrement atténuée par la demande saisonnière liée à l’Aïd. Mais la pression reste forte, portée par l’envolée du pétrole.

Le baril de Brent crude a ainsi atteint 92,22 dollars ce 24 mars, contre 57,25 dollars fin février, à la veille du conflit. Une progression spectaculaire qui redessine les priorités des marchés.

À l’échelle mondiale, l’or a perdu environ 16 % de sa valeur depuis le début des hostilités, s’établissant à 4 377,93 dollars l’once, loin de son record de 5 594,82 dollars atteint fin janvier.

Pour les analystes, l’évolution des prix dépendra largement de la situation géopolitique. Une poursuite du conflit pourrait maintenir la pression sur l’or, tandis qu’un apaisement favoriserait un rebond du métal précieux au détriment du pétrole.