Afrique subsaharienne : la Banque mondiale revoit la croissance à la baisse
Les perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne s’assombrissent. Dans un rapport publié le 9 avril, la Banque mondiale a abaissé ses prévisions de croissance pour la région, anticipant désormais une expansion de 4,1 % en 2026, contre 4,4 % attendus quelques mois plus tôt.
Selon l’institution basée à Washington, la croissance devrait stagner à 4,1 % en 2025 comme en 2026, signe d’une reprise qui s’essouffle dans un environnement international de plus en plus incertain. En cause notamment, les tensions liées au conflit entre États-Unis et Iran, qui perturbent le commerce mondial de l’énergie.
Le rapport souligne que les perturbations dans le détroit d’Ormuz — par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial — ont entraîné une hausse des prix du carburant et des engrais. Une situation particulièrement pénalisante pour les économies africaines fortement dépendantes des importations.
Au-delà de l’énergie, la Banque mondiale met en garde contre un possible ralentissement des investissements en provenance des pays du Golfe, devenus des partenaires majeurs dans des secteurs clés tels que les mines, les énergies renouvelables et les technologies. Parallèlement, une baisse de la demande de main-d’œuvre au Moyen-Orient pourrait affecter les transferts de fonds des travailleurs africains expatriés, une source cruciale de revenus pour plusieurs pays.
Ce contexte intervient alors que les marges budgétaires sont déjà sous forte pression. Le service de la dette a presque doublé en moins d’une décennie, passant de 9 % des recettes publiques en 2017 à environ 18 % en 2025. Aujourd’hui, près de la moitié des pays de la région sont considérés comme étant à risque élevé de surendettement, voire déjà en difficulté.
Les effets de ces tensions sont particulièrement marqués dans les économies vulnérables et dépendantes des importations de pétrole, comme le Kenya, l’Éthiopie, le Malawi, le Mozambique et le Burundi. Le Kenya pourrait notamment subir un choc inflationniste important dans les scénarios les plus défavorables, tandis que l’Éthiopie reste exposée via sa dépendance aux revenus de sa diaspora.
Enfin, les perspectives pour l’Afrique de l’Ouest demeurent incertaines, en raison notamment de données encore incomplètes sur les intrants agricoles. De manière générale, la région reste fortement vulnérable aux chocs extérieurs, dans un contexte de contraintes financières persistantes et de dépendance élevée aux importations énergétiques.
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