Afrique : Éthiopie et Nigeria s’allient pour accélérer le financement agricole
Face à la difficulté persistante d’accès au financement agricole en Afrique, l’Éthiopia Commodity Exchange (ECX) et le système nigérian NIRSAL ont signé, le 7 mai, un protocole d’accord visant à renforcer leur coopération dans le financement des producteurs et le commerce des matières premières agricoles.
L’accord met l’accent sur le développement du financement adossé aux récépissés d’entreposage (warehouse receipt financing system, WRS), un mécanisme permettant aux producteurs de stocker leurs récoltes dans des entrepôts agréés et d’obtenir un récépissé électronique utilisé comme garantie pour accéder au crédit bancaire.
Ce système permet également aux agriculteurs de différer la vente de leurs produits afin de mieux profiter des conditions du marché, tout en réduisant l’impact de la volatilité des prix post-récolte. Selon la CNUCED, il améliore aussi la qualité des produits et favorise la compétitivité grâce aux marchés à terme.
Pour le directeur général de l’ECX, Mergia Bayissa, ce partenariat constitue un levier pour moderniser les bourses de matières premières et les dispositifs de financement agricole, tout en renforçant la transparence et la liquidité des marchés en Éthiopie et au Nigeria.
Du côté nigérian, Sa’ad Hamidu souligne que cette coopération permettra un transfert d’expertise stratégique et la création de nouvelles opportunités commerciales bilatérales.
L’Éthiopie dispose déjà d’un système opérationnel. Entre 2020 et 2025, 141 communautés agricoles ont obtenu 2,2 milliards de birrs de crédits adossés à 55 316 tonnes de produits stockés, selon le ministère éthiopien du Commerce et de l’Intégration régionale.
Au Nigeria, le dispositif reste en phase de déploiement, malgré une avancée majeure en 2025 avec l’adoption de la loi ISA 2025, qui encadre officiellement le WRS et en confie la régulation à la Securities and Exchange Commission.
En Afrique de l’Ouest, plusieurs pays ont déjà pris de l’avance. En Côte d’Ivoire, le système opérationnel depuis 2018 a permis l’émission de 982 récépissés en 2025 pour plus de 26 000 tonnes de produits agricoles, contre un démarrage symbolique de 34,6 tonnes. Les produits concernés incluent notamment la noix de cajou, le maïs et la cola.
Au Sénégal, le dispositif est encadré depuis 2017 par une loi créant l’Organe de Régulation du Système de Récépissé d’Entrepôt (ORSRE), chargé de superviser son fonctionnement.
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