Carburants : Dangote relance la guerre judiciaire contre les importateurs - FINECO Carburants : Dangote relance la guerre judiciaire contre les importateurs - FINECO

Carburants : Dangote relance la guerre judiciaire contre les importateurs

Carburants : Dangote relance la guerre judiciaire contre les importateurs

Le bras de fer entre le groupe pétrolier de Aliko Dangote et les autorités nigérianes franchit une nouvelle étape. La raffinerie Dangote a engagé une nouvelle procédure devant la Haute Cour fédérale de Lagos afin d’obtenir l’annulation des licences d’importation de carburants accordées à la compagnie publique NNPC ainsi qu’à plusieurs distributeurs privés.

Selon les documents judiciaires consultés par Reuters, la plainte vise les autorisations délivrées ou renouvelées par le régulateur de l’aval pétrolier nigérian, le NMDPRA. Le groupe Dangote considère que ces licences contreviennent à une précédente décision de justice imposant le maintien du statu quo dans le contentieux déjà en cours autour des importations de produits pétroliers.

Le conglomérat soutient également que la législation pétrolière nigériane limite les importations aux situations où la production locale ne permet pas de satisfaire les besoins du marché intérieur. Pour la raffinerie, le maintien des permis d’importation fragilise directement ses activités commerciales et remet en cause l’ambition du Nigeria d’atteindre l’autosuffisance énergétique.

Cette nouvelle offensive judiciaire intervient près d’un an après le retrait inattendu d’une première plainte portant sur des licences similaires accordées à la NNPC et à plusieurs négociants pétroliers. Elle illustre surtout les tensions croissantes qui entourent la restructuration du marché nigérian des carburants depuis l’entrée progressive en production de la raffinerie Dangote.

Avec une capacité annoncée de 650 000 barils par jour et un investissement estimé à près de 20 milliards de dollars, le complexe industriel est considéré comme l’un des plus grands projets énergétiques du continent africain. Son lancement devait permettre au Nigeria, premier producteur de pétrole d’Afrique, de réduire fortement sa dépendance aux importations de carburants raffinés.

Cependant, malgré le démarrage de la production d’essence, de diesel et de kérosène depuis 2024, les importations demeurent essentielles pour l’approvisionnement du marché nigérian. Les régulateurs et plusieurs distributeurs estiment que les capacités locales restent insuffisantes pour couvrir une demande nationale évaluée à environ 55 millions de litres par jour. Ils défendent donc la poursuite des importations afin d’éviter des pénuries et de limiter les tensions sur les prix à la pompe.

Les relations entre Aliko Dangote et les autorités pétrolières se sont fortement dégradées ces derniers mois. En décembre dernier, l’homme d’affaires avait accusé les régulateurs de favoriser les importations au détriment du raffinage local et de minimiser volontairement les capacités réelles de sa raffinerie. Il dénonçait également les difficultés d’accès au pétrole brut nigérian, affirmant devoir importer une part importante de ses approvisionnements.

Face à cette montée des tensions, plusieurs acteurs du secteur redoutent qu’une restriction des importations ne renforce excessivement la position dominante de Dangote sur le marché nigérian des carburants. La NNPC et plusieurs distributeurs plaident ainsi pour le maintien d’un système ouvert à la concurrence, qu’ils jugent indispensable à la stabilité de l’approvisionnement national.