Tanzanie : Dodoma renforce son industrie des huiles comestibles
Le gouvernement tanzanien accélère sa stratégie de développement de l’industrie des huiles comestibles en combinant incitations fiscales et mesures de protection commerciale. Dans le cadre du budget 2026/2027, les autorités ont annoncé une série de réformes destinées à stimuler la production locale, soutenir les transformateurs et réduire la dépendance aux importations.
La mesure phare concerne l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) appliquée aux huiles comestibles produites à partir de graines oléagineuses cultivées localement. Présentée le 11 juin devant le Parlement par Khamis Mussa Omar, cette disposition vise à alléger les coûts de production des industriels tout en encourageant la consommation de matières premières nationales.
Cette décision intervient dans un contexte de forte progression de la filière oléagineuse. Selon les données du ministère de l’Agriculture, la production d’oléagineux est passée de 1,63 million de tonnes lors de la campagne 2019/2020 à 2,18 millions de tonnes en 2023/2024, soit une hausse de près de 34 % en cinq ans. Le tournesol et l’arachide dominent largement la production nationale, représentant respectivement 56 % et 28 % des récoltes de la dernière campagne. Le sésame, la noix de coco et le palmier à huile figurent également parmi les principales cultures du secteur.
Parallèlement aux mesures fiscales, le gouvernement a décidé de renforcer la protection du marché intérieur. Un droit de douane de 10 % sera désormais appliqué à toutes les huiles comestibles brutes importées, y compris l’huile de palme brute qui bénéficiait jusqu’à présent d’une exonération.
Selon le ministre des Finances, cette réforme vise notamment à mettre fin aux pratiques de mauvaise classification de certains importateurs qui déclaraient des huiles semi-raffinées comme de l’huile de palme brute afin de profiter d’avantages tarifaires. Les autorités espèrent ainsi rétablir des conditions de concurrence plus équitables pour les producteurs et transformateurs locaux.
Les huiles comestibles raffinées importées continueront, quant à elles, d’être soumises à une taxation élevée. Le droit de douane reste fixé à 35 % ou 300 dollars la tonne, une mesure destinée à protéger les capacités nationales de raffinage et à encourager la transformation locale plutôt que l’importation de produits finis.
À travers cet ensemble de réformes, Dodoma affiche son ambition de bâtir une industrie des huiles comestibles plus intégrée, compétitive et moins dépendante des marchés extérieurs. Les autorités misent sur ces nouvelles dispositions pour attirer davantage d’investissements dans les activités de transformation et de raffinage, tout en créant davantage de valeur ajoutée pour les producteurs locaux d’oléagineux.
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