Transformation du corridor Douala-Bangui : La Banque mondiale mobilise 1,12 milliard $
Le Groupe de la Banque mondiale a approuvé, le 12 juin 2026, un programme de financement de 1,12 milliard de dollars destiné à moderniser le corridor économique Douala-Bangui, l’un des axes commerciaux les plus stratégiques d’Afrique centrale. Reliant le port de Douala à la capitale centrafricaine, cette route constitue un maillon essentiel des échanges régionaux et du commerce extérieur de la République centrafricaine.
Selon la Banque mondiale, le programme devrait générer entre 2 000 et 4 000 emplois directs et indirects tout au long de sa mise en œuvre. Il sera déployé suivant une approche progressive, avec une première phase évaluée à 525 millions de dollars consacrée à la réhabilitation des infrastructures prioritaires, à l’amélioration de la sécurité routière et au renforcement des systèmes d’entretien des routes au Cameroun, en République centrafricaine et au niveau régional.
Le Cameroun bénéficiera de la plus grande part de cette première enveloppe, avec 425 millions de dollars mobilisés par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (IDA). La République centrafricaine recevra 90 millions de dollars, tandis que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale bénéficiera de 10 millions de dollars pour accompagner les actions régionales.
Les investissements prévus porteront notamment sur la réhabilitation de tronçons routiers selon des normes adaptées aux risques climatiques, la création de stations de contrôle de la charge à l’essieu, le développement de centres logistiques et de routes de desserte ainsi que la mise en œuvre de réformes destinées à faciliter les échanges commerciaux et à renforcer les chaînes de valeur régionales.
Pour Cheick Kanté, l’ambition du programme dépasse largement la seule modernisation des infrastructures. Il vise également à lever plusieurs obstacles qui freinent l’intégration économique régionale, notamment les coûts élevés du transport, la multiplication des contrôles routiers, les paiements informels et les insuffisances des mécanismes d’entretien routier.
Long de plus de 1 400 kilomètres, le corridor Douala-Bangui représente une voie vitale pour la République centrafricaine, par laquelle transitent plus de 80 % de ses échanges extérieurs. Malgré son importance stratégique, il reste confronté à de nombreux défis : routes dégradées, coûts de transport pouvant atteindre 270 dollars par tonne, délais de transit de 9 à 12 jours et présence de nombreux postes de contrôle, dont plusieurs donnent lieu à des paiements informels.
Pour le Cameroun, ce programme constitue également une opportunité de consolider son rôle de plateforme logistique régionale autour des ports de Douala et de Kribi. Toutefois, la réussite de l’initiative dépendra de la capacité des États concernés à réduire les obstacles administratifs, à renforcer le contrôle du transport routier et à garantir un entretien durable des infrastructures réhabilitées.
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