Gaz naturel : les prix chutent à un plus bas de deux mois
Les prix du gaz naturel aux États-Unis ont poursuivi leur repli mardi, les investisseurs anticipant un marché largement approvisionné malgré une demande estivale soutenue. Les contrats à terme pour livraison en août ont reculé de 0,9 % sur le New York Mercantile Exchange, à 2,87 dollars par million d’unités thermiques britanniques (mmBtu), leur plus faible niveau depuis le 13 mai.
Cette baisse est alimentée par la progression de la production américaine et par les perspectives d’un ralentissement temporaire des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL), en raison d’opérations de maintenance programmées sur le terminal de Freeport LNG, au Texas. Le contrat de référence enregistre ainsi une cinquième séance consécutive de repli, évoluant en zone de survente technique pour la deuxième journée d’affilée.
Les opérateurs estiment que les fondamentaux du marché restent confortables. La prime entre les contrats à terme de mars et d’avril 2027 est tombée à un niveau historiquement bas, signe que les investisseurs anticipent un risque limité de tensions sur l’approvisionnement au sortir de l’hiver. Cet écart, surnommé le « widowmaker » par les professionnels en raison de sa forte volatilité, est l’un des indicateurs les plus suivis pour mesurer les anticipations sur l’équilibre du marché.
Selon les données du groupe financier LSEG, la production moyenne de gaz dans les 48 États continentaux a atteint 110,2 milliards de pieds cubes par jour (bcfd) depuis le début du mois de juillet, contre 110 bcfd en juin, un niveau proche du record historique de 110,6 bcfd enregistré en décembre 2025.
Dans le même temps, les stocks demeurent largement supérieurs à leur moyenne saisonnière. Les analystes s’attendent à ce que les réserves restent supérieures de 6,6 % à la normale pour la semaine close le 10 juillet, favorisées par un printemps relativement doux qui a limité la consommation destinée au chauffage.
Cette abondance de l’offre intervient pourtant alors que les prévisions météorologiques annoncent des températures supérieures aux normales jusqu’à la fin du mois, un facteur susceptible de soutenir la consommation des centrales électriques alimentées au gaz. Près de 40 % de l’électricité produite aux États-Unis provient en effet de cette source d’énergie.
LSEG prévoit que la demande totale, exportations comprises, atteindra en moyenne 110,4 bcfd cette semaine comme la suivante. Les flux de gaz vers les neuf principaux terminaux américains de GNL s’établissent quant à eux à 17,6 bcfd depuis le début de juillet, contre 17,4 bcfd en juin, mais restent en deçà du record de 18,8 bcfd atteint en avril.
Pour les marchés, l’équation reste dominée par l’offre. Tant que la production demeure élevée et que les stocks continuent de se reconstituer plus rapidement que prévu, les prix devraient rester sous pression malgré la demande estivale et la vigueur persistante des exportations américaines de GNL.
