Reflux d’inflation : L’Angola accélère son assouplissement monétaire
La Banque nationale d’Angola (BNA) a abaissé mardi son principal taux directeur de 125 points de base, poursuivant son cycle d’assouplissement monétaire après le ralentissement marqué de l’inflation. Cette décision traduit la confiance de l’institution dans la poursuite de la désinflation, malgré les incertitudes géopolitiques qui continuent de peser sur l’économie mondiale.
La banque centrale a ramené son taux directeur de 17,0 % à 15,75 %, après une première réduction de 50 points de base intervenue en mai. Il s’agit du mouvement d’assouplissement le plus important engagé par l’institution depuis le début du reflux des pressions inflationnistes.
L’inflation annuelle a reculé à 10,11 % en juin, contre 10,88 % en mai et 19,73 % un an plus tôt, confortant la marge de manœuvre de la banque centrale pour soutenir l’activité économique.
Lors d’une conférence de presse, le gouverneur Manuel Tiago Dias a indiqué que la BNA anticipait une poursuite du ralentissement de la hausse des prix à court terme, même si les tensions géopolitiques au Moyen-Orient demeurent une source d’incertitude pour les marchés internationaux.
Pour l’Angola, deuxième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne, un maintien des cours élevés du brut constitue toutefois un facteur favorable. L’amélioration des recettes pétrolières devrait soutenir les finances publiques, renforcer les réserves en devises et contribuer à la stabilité macroéconomique.
Reflétant cette amélioration des perspectives, la banque centrale a revu à la baisse sa prévision d’inflation pour la fin de l’année, désormais attendue à 8,6 %, contre 11,5 % précédemment. Elle a également relevé sa prévision de croissance économique de 3,5 % à 3,6 % pour 2026.
Cette orientation plus accommodante s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de la politique monétaire. La semaine dernière, la BNA a notamment autorisé les banques commerciales à utiliser le yuan chinois dans la constitution de leurs réserves obligatoires en devises, aux côtés du dollar, de l’euro et du rand sud-africain. Cette décision reflète le renforcement des relations économiques entre Luanda et Pékin ainsi que la montée en puissance de la monnaie chinoise dans les échanges commerciaux et financiers du continent.
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