Marché financier : Dangote lève 2,5 milliards $
La raffinerie Dangote Petroleum Refinery a levé 2,5 milliards de dollars auprès d’investisseurs privés avant son introduction en Bourse, une opération destinée à soutenir son expansion tout en préparant l’une des plus importantes cotations jamais réalisées sur le marché financier nigérian.
Le directeur exécutif du groupe, Devakumar Edwin, a confirmé la levée de fonds vendredi, sans dévoiler l’identité des investisseurs ni les détails de la répartition du capital. L’opération, réalisée par placement privé, a permis de céder environ 6 % du capital à un cercle restreint d’investisseurs institutionnels, principalement issus de la région.
Les actions ont été proposées à 0,35 dollar l’unité, avec un ticket d’entrée fixé à 350 000 dollars, correspondant à un minimum d’un million de titres. Les acquéreurs devront conserver leurs actions pendant 365 jours, une clause destinée à limiter la spéculation avant la cotation publique. Selon plusieurs sources de marché, la demande a atteint près de 4 milliards de dollars, soit un niveau largement supérieur au montant recherché.
Cette levée de capitaux précède une introduction en Bourse (IPO) attendue dans les prochains mois sur le Nigerian Exchange (NGX). Pilotée par Stanbic IBTC Capital, Vetiva Capital Management et FirstCap, l’opération pourrait porter sur 5 % à 10 % du capital et générer 1,5 à 2 milliards de dollars supplémentaires. Si aucun calendrier officiel n’a été arrêté, plusieurs acteurs du marché évoquent une cotation dès août ou septembre. Des inscriptions secondaires sont également envisagées à Johannesburg, Nairobi, Accra et sur la BRVM d’Abidjan.
Pour les marchés financiers nigérians, l’opération pourrait constituer un tournant. Selon l’économiste Bismarck Rewane, directeur général de Financial Derivatives Company, l’arrivée de Dangote Refinery pourrait faire bondir la capitalisation de la Bourse de Lagos de 161 000 milliards à 236 000 milliards de nairas, à condition que l’opération attire de nouveaux capitaux plutôt qu’un simple redéploiement des portefeuilles existants. Au-delà du financement de la raffinerie, cette introduction en Bourse est perçue comme un test majeur de la capacité du marché nigérian à absorber des opérations de très grande envergure et à attirer durablement les investisseurs internationaux.
