Cameroun : le projet de fer de Mbalam-Nabeba débouche sur une sentence de plus de 600 millions $
Le Cameroun a été condamné à verser près de 350 milliards de FCFA, soit plus de 600 millions de dollars, à la junior minière australienne Sundance Resources dans le cadre du contentieux autour du projet de fer de Mbalam-Nabeba. La décision a été rendue par un tribunal arbitral de la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI) de Paris, selon un communiqué publié le 24 juillet 2026 par Burford Capital Limited, le gestionnaire d’actifs spécialisé dans le financement des litiges.
Le dossier oppose depuis plusieurs années l’État camerounais à Sundance Resources et sa filiale Cam Iron, autour du développement du vaste gisement de fer de Mbalam-Nabeba, situé à la frontière entre le Cameroun et la République du Congo. Le projet, considéré comme stratégique pour la diversification de l’économie camerounaise, est également au cœur d’enjeux majeurs d’infrastructures et de transport minier.
L’affaire revêt un intérêt financier particulier pour Burford Capital. En 2021, le groupe et Sundance Resources avaient conclu un accord de financement du contentieux via la filiale Burford Asia Investments. Dans ce montage, Burford prend en charge les frais juridiques liés aux procédures arbitrales en échange d’une part des indemnités susceptibles d’être obtenues en cas de victoire.
Le groupe, coté à New York et à Londres, estime que la sentence pourrait lui permettre de percevoir 100,7 milliards de FCFA, soit environ 175 millions de dollars. Cette créance figure déjà dans les comptes de Burford et ne concerne aucun de ses fonds d’investissement.
Pour le Cameroun, l’affaire ouvre désormais un nouveau front financier. Au-delà du montant de la condamnation, l’enjeu porte sur les modalités d’exécution de la sentence et sur la capacité des parties à parvenir à un règlement. Pour Sundance Resources et Burford, la priorité est désormais de transformer une victoire juridique en recouvrement financier concret.
Burford précise avoir publié son communiqué afin d’anticiper une communication publique attendue de sa contrepartie. Le groupe insiste néanmoins sur le fait que cette démarche ne constitue pas un changement de sa politique générale concernant la publication d’informations spécifiques sur ses dossiers.
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