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Afrique de l’Est : L’EAC accélère vers une monnaie unique africaine

Afrique de l’Est : L’EAC accélère vers une monnaie unique africaine

La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) entend remettre sur les rails son projet de monnaie unique. Réunis lundi 27 juillet à Kampala pour la 29ᵉ réunion ordinaire du Comité des affaires monétaires (MAC), les responsables régionaux ont réaffirmé leur objectif d’instaurer une monnaie commune à l’horizon 2031, tout en appelant à accélérer les réformes nécessaires à la création de l’Union monétaire est-africaine.

Les membres du Comité ont décidé de renforcer la mise en œuvre de la feuille de route de l’Union monétaire, d’intensifier les mécanismes d’évaluation par les pairs et de poursuivre les programmes de convergence macroéconomique. Ces chantiers sont essentiels pour rapprocher les politiques budgétaires et monétaires des États membres, condition préalable à un partage de la même monnaie.

La région veut également accélérer la modernisation de ses infrastructures financières. Le Comité a appelé à la mise en œuvre du plan directeur du système de paiements transfrontaliers de l’EAC, destiné à renforcer l’interopérabilité des systèmes nationaux, réduire le coût des transactions et fluidifier les échanges commerciaux intra-régionaux.

« Si notre engagement en faveur de cette Union reste inébranlable, nous devons accélérer sa mise en œuvre », a déclaré Michael Atingi-Ego, gouverneur de la Banque d’Ouganda et président du Comité des affaires monétaires. Selon lui, le renforcement des mécanismes d’évaluation par les pairs et des plans d’action nationaux est indispensable pour maintenir le cap vers une monnaie unique en 2031.

Pour Annette Ssemuwemba, secrétaire générale adjointe de l’EAC chargée des douanes, du commerce et des affaires monétaires, ces réformes doivent contribuer à consolider les institutions régionales et à approfondir l’intégration économique afin de générer davantage d’opportunités pour les populations.

Le projet accuse toutefois un retard important. Le protocole instituant l’Union monétaire est-africaine, signé le 30 novembre 2013, prévoyait initialement la création d’une monnaie unique dans un délai de dix ans. Les difficultés rencontrées par les États pour respecter les critères de convergence macroéconomique ont repoussé cette échéance à 2031 dans le cadre d’une nouvelle feuille de route.

La conjoncture économique offre néanmoins un argument aux promoteurs de l’intégration. Selon le Comité, l’économie de l’EAC devrait croître de 5,2 % en 2026, contre 4,3 % en moyenne en Afrique subsaharienne. L’inflation régionale a également ralenti à 6,7 % au cours de l’exercice 2025/2026, contre 9,6 % un an auparavant, malgré les tensions géopolitiques, la volatilité des prix de l’énergie et la hausse des coûts du transport maritime.

Le principal défi reste cependant la convergence. Les économies de l’EAC n’avancent pas au même rythme dans le respect des critères macroéconomiques, alors que leur harmonisation conditionne la viabilité d’une future monnaie commune. La région devra donc transformer l’engagement politique en discipline budgétaire et financière pour espérer franchir, d’ici 2031, le cap de l’union monétaire.