Marché du brut : Le pétrole ouest-africain regagne du terrain en Inde
Les raffineries indiennes reviennent sur le marché du brut ouest-africain, profitant d’une recomposition des flux mondiaux d’approvisionnement provoquée par les tensions au Moyen-Orient. Plusieurs cargaisons ont changé de mains cette semaine, alors que le reste du marché est demeuré relativement peu actif, selon des sources commerciales.
La compagnie publique Indian Oil Corp (IOC) a acquis mardi des cargaisons de brut Djeno de la République du Congo ainsi que des qualités angolaises Nemba, Saxi Batuque et Clov, ont indiqué à Reuters plusieurs sources proches des transactions. Ces achats illustrent le regain d’intérêt des raffineurs asiatiques pour les qualités africaines, dans un contexte de hausse des coûts d’approvisionnement sur d’autres routes maritimes.
De son côté, Hindustan Petroleum Corp a acheté auprès de Glencore deux millions de barils de brut nigérian Okwuibome et Utapate destinés à sa raffinerie de 180 000 barils par jour située dans l’État indien du Rajasthan, selon des sources du négoce. Parallèlement, Mangalore Refinery and Petrochemicals a sécurisé un million de barils de brut d’Oman via un appel d’offres, ont confirmé mercredi trois sources de marché.
Ces acquisitions interviennent après plusieurs semaines de pression sur les bruts ouest-africains, confrontés à la concurrence de qualités moins onéreuses en provenance du Moyen-Orient et d’Amérique latine. Toutefois, les perturbations des routes maritimes stratégiques, notamment dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, commencent à renchérir les coûts logistiques et à soutenir les différentiels de prix des cargaisons africaines.
Les données de suivi maritime montrent que les exportations de pétrole brut et de condensats des pays du Golfe sont restées globalement stables en juillet, mais demeurent environ 40 % inférieures à leurs niveaux d’avant-guerre. Un ralentissement des expéditions est apparu durant la seconde moitié du mois, les affrontements dans la région ayant de nouveau intensifié les risques pesant sur les chaînes mondiales d’approvisionnement énergétique, un facteur susceptible de renforcer l’attrait des producteurs africains auprès des grands importateurs asiatiques.
