Namibie : le secteur minier dope les recettes fiscales de 39 %
Le secteur minier confirme son poids stratégique dans l’économie namibienne. L’industrie extractive a représenté 14 % du PIB en 2025 et généré 7,8 milliards de dollars namibiens (NAD), soit environ 434 millions de dollars, de recettes fiscales, contre 5,6 milliards NAD un an plus tôt. Cette progression de 39 % intervient alors que Windhoek cherche à accroître les retombées économiques de ses ressources naturelles.
La hausse des recettes a notamment été portée par les performances des mines d’or, soutenues à la fois par des niveaux élevés de production et par des cours internationaux favorables. Les redevances minières ont progressé de 9 %, à 2,4 milliards NAD (137 millions de dollars), tandis que les droits à l’exportation ont bondi de 90 %, à 685 millions NAD, soit environ 38 millions de dollars.
Pour le gouvernement, ces performances renforcent le rôle du secteur extractif dans le financement de l’économie et dans sa stratégie de création d’emplois. Dans le cadre du sixième Plan national de développement (NDP6), qui vise la création de 500 000 emplois, la présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah a indiqué que l’industrie minière s’était engagée à mobiliser 2,8 milliards de dollars d’investissements supplémentaires et à créer plus de 18 000 emplois directs via le Namibia Public-Private Forum (NamPPF).
L’exécutif veut toutefois aller au-delà de l’extraction. La présidente a appelé les compagnies minières à accélérer la transformation locale des minerais, afin d’augmenter la valeur ajoutée captée par l’économie nationale et de limiter la dépendance aux exportations de matières premières brutes.
Cette stratégie vise notamment l’uranium, une ressource stratégique pour la Namibie. Le pays est actuellement le troisième producteur mondial et cherche à accroître les revenus tirés de cette filière en développant davantage l’industrialisation locale et en attirant de nouveaux capitaux.
Plusieurs projets doivent soutenir cette montée en puissance. Parmi eux figurent Etango, développé par Bannerman Energy, et Tumas, porté par Deep Yellow. Selon la Chambre des mines de Namibie, ces investissements devraient entraîner une hausse significative de la production nationale d’uranium au cours de la seconde moitié des années 2020 et durant la décennie suivante.
Cette évolution pourrait également redistribuer progressivement les sources de revenus fiscaux de l’industrie extractive. Pour l’exercice 2025/26, les recettes d’impôt sur les sociétés provenant des mines hors diamant devraient atteindre 4,4 milliards NAD, soit environ 247 millions de dollars, en hausse de 54 %. L’or, l’uranium et les métaux de base devraient principalement alimenter cette progression.
À l’inverse, la contribution fiscale du secteur diamantifère devrait fortement diminuer. Les recettes provenant des diamants sont attendues à seulement 74 millions NAD, environ 4,1 millions de dollars, soit une chute de 69 %.
Le mouvement illustre un changement dans la structure de l’économie minière namibienne : l’or et l’uranium prennent progressivement le relais des diamants comme principaux moteurs de recettes. Pour Windhoek, l’enjeu est désormais de convertir cette dynamique en investissements productifs, en emplois et en capacités industrielles locales, afin que la hausse des revenus miniers se traduise par une création de valeur plus importante dans l’économie nationale.
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