AGOA : le Sénat américain ouvre la voie à une prolongation jusqu’en 2028 - FINECO AGOA : le Sénat américain ouvre la voie à une prolongation jusqu’en 2028 - FINECO

AGOA : le Sénat américain ouvre la voie à une prolongation jusqu’en 2028

Le Sénat américain a franchi vendredi 7 août une étape décisive vers la prolongation de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu’en décembre 2028, offrant aux exportateurs africains une visibilité supplémentaire sur leur accès préférentiel au marché américain.

Adopté par 90 voix contre 6, le texte permettrait de maintenir, pour plusieurs pays africains, des conditions d’accès sans droits de douane sur certains produits. L’AGOA, qui doit actuellement arriver à expiration à la fin de 2026, concerne 32 pays d’Afrique subsaharienne.

L’enjeu est particulièrement important pour les principales économies exportatrices du continent, notamment l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Angola, l’Éthiopie et le Kenya. Plusieurs filières bénéficient de ce dispositif, de l’automobile sud-africaine au textile kényan et lésothan, en passant par la vanille de Madagascar.

Le vote du Sénat apporte une première bouffée d’oxygène aux entreprises africaines, mais le processus législatif est loin d’être achevé. Le texte doit encore être examiné par la Chambre des représentants, avant une éventuelle promulgation par le président Donald Trump.

Au-delà de la durée de l’accord, la question est celle de son poids réel dans les échanges commerciaux entre l’Afrique et les États-Unis. Les exportations africaines vers le marché américain ne représentent qu’environ 6 % des exportations totales du continent. Les montants concernés se chiffrent en dizaines de milliards de dollars, un volume relativement limité au regard des importations américaines, qui se comptent en milliers de milliards de dollars.

Pour les exportateurs africains, l’AGOA demeure néanmoins un instrument stratégique. L’accès préférentiel au marché américain permet de renforcer la compétitivité de certaines industries, d’attirer des investissements et de soutenir des chaînes de production tournées vers l’exportation.

Mais la prolongation éventuelle du dispositif ne supprimerait pas tous les risques commerciaux. Les entreprises africaines restent exposées aux droits de douane instaurés par d’autres mesures américaines depuis 2025. Certaines exemptions pourraient toutefois être maintenues ou réintroduites dans le cadre du nouveau texte.

La prochaine bataille se jouera donc à la Chambre des représentants. Pour les économies africaines concernées, l’enjeu dépasse la simple reconduction d’un régime tarifaire : il s’agit de préserver un accès privilégié à l’un des marchés les plus solvables au monde et de donner aux investisseurs une visibilité suffisante pour engager de nouveaux capitaux dans les secteurs exportateurs.