Maroc : la croissance ralentit à 4,6% au premier trimestre - FINECO Maroc : la croissance ralentit à 4,6% au premier trimestre - FINECO

Maroc : la croissance ralentit à 4,6% au premier trimestre

Maroc : la croissance ralentit à 4,6% au premier trimestre

L’économie marocaine a perdu de la vitesse au premier trimestre 2026, malgré le rebond marqué de l’agriculture, confrontant la croissance à un environnement moins favorable dans plusieurs secteurs clés. Le produit intérieur brut a progressé de 4,6% sur un an, contre 5% un an plus tôt, selon la Revue mensuelle de la conjoncture économique, monétaire et financière de juillet publiée par Bank Al-Maghrib (BAM).

Cette décélération masque des trajectoires sectorielles très contrastées. Les activités non agricoles ont vu leur rythme de croissance ralentir de 4,7% à 3%, tandis que la valeur ajoutée agricole a bondi de 8,1% à 18,4%. L’amélioration des conditions agricoles a ainsi amorti le ralentissement du reste de l’économie.

La campagne céréalière 2025/2026 devrait produire environ 90 millions de quintaux, contre seulement 43,1 millions lors de la campagne précédente, selon les premières estimations du département marocain de l’Agriculture.

Cette forte progression soutient mécaniquement la croissance, mais la dynamique apparaît moins robuste dans les secteurs générateurs d’activité industrielle et d’investissement. Pour le Maroc, l’enjeu est de déterminer si le rebond agricole peut s’accompagner d’une reprise suffisamment large pour maintenir le rythme de croissance au second semestre.

Le principal point de fragilité se situe dans l’industrie. La valeur ajoutée manufacturière s’est contractée de 1,3% au premier trimestre, après une progression de 1% un an auparavant.

Plusieurs branches ont pesé sur la performance. La fabrication de matériel électrique a reculé de 9,9%, tandis que les articles en caoutchouc, plastiques et autres produits minéraux non métalliques ont diminué de 3,6%. L’industrie alimentaire et des boissons a également accusé une baisse de 3,4%.

Un léger mieux apparaît toutefois au deuxième trimestre. Le taux d’utilisation des capacités industrielles a gagné 0,3 point, à 77,8% en moyenne en avril et mai. Cette amélioration reste trop limitée pour signaler, à elle seule, un redressement durable de l’appareil productif.

Le ralentissement touche également la construction. La valeur ajoutée du BTP n’a augmenté que de 1,5% au premier trimestre, contre 7,1% un an auparavant. La tendance aurait continué au deuxième trimestre, les ventes de ciment n’ayant progressé que de 8%, contre 15,4% sur la même période de 2025.

Dans les industries extractives, la situation est encore plus tendue. La valeur ajoutée a chuté de 3,2%, après une hausse de 9,3% un an auparavant. Entre avril et mai, la production marchande de phosphate brut a plongé de 26,1%, accentuant les inquiétudes sur l’une des principales composantes du tissu exportateur marocain.

Le secteur de l’électricité, du gaz, de l’eau et de l’assainissement a également reculé de 3,4% au premier trimestre. Une amélioration semble néanmoins se dessiner, avec une hausse de 2,2% de la production électrique au deuxième trimestre.

Le tableau est plus favorable dans les services, en particulier dans le tourisme. La valeur ajoutée des activités d’hébergement et de restauration a progressé de 8,1% au premier trimestre, après 8,7% un an plus tôt.

La dynamique s’est poursuivie au deuxième trimestre, avec une hausse de 7,3% des arrivées touristiques et de 8,2% des nuitées dans les établissements classés.

Pour BAM, ces chiffres dessinent donc une économie à deux vitesses : une agriculture dopée par une meilleure campagne, des services touristiques toujours solides, mais une industrie, un BTP et des activités extractives qui perdent de leur élan. Le défi pour Rabat sera désormais de transformer le rebond agricole et touristique en croissance plus largement répartie, alors que les moteurs non agricoles montrent des signes de fatigue.