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Maroc : les chocs climatiques menacent la filière avocat

La répétition des épisodes de chaleur et du stress hydrique fait peser un risque croissant sur la production marocaine d’avocats pour la campagne 2026/2027, menaçant une filière fortement concentrée dans le Gharb et confrontée à une dégradation des conditions de production.

Dans plusieurs zones agricoles, notamment à Tiflet, Allal Bahraoui et Sidi Yahya El Gharb, des producteurs envisagent désormais d’arracher leurs vergers, selon Abdelkrim Allaoui, président de l’Association des producteurs d’avocats du Gharb, cité le 11 août par Fresh Plaza. Le signal est particulièrement préoccupant pour la filière, puisque le Gharb représente environ 90 % des superficies marocaines dédiées à l’avocat.

La campagne 2026/2027 est confrontée à une succession de contraintes météorologiques qui fragilisent les rendements avant même la récolte. Fin juin, la période naturelle de chute des fleurs a coïncidé avec une vague de chaleur exceptionnelle, marquée par cinq jours consécutifs au-dessus de 36 °C.

Cette combinaison a provoqué une chute des fleurs « bien plus sévère que lors d’une année normale », selon Abdelkrim Allaoui. Pour les exploitants, la conséquence est directe : moins de fleurs signifie un potentiel de fructification réduit et, à terme, une pression accrue sur les volumes commercialisables.

La menace n’est toutefois pas écartée. Les producteurs anticipent une nouvelle vague de chaleur d’ici la fin août, alors que les vergers restent vulnérables au stress thermique.

À cette perspective s’ajoute le Chergui, vent chaud et sec susceptible d’aggraver le stress hydrique des plantations. « Nous n’avons pas encore eu le Chergui cette année », a indiqué le responsable, tout en prévenant que sa concomitance avec une nouvelle vague de chaleur ne serait pas surprenante.

Cette accumulation de risques complique la visibilité des exploitants sur leurs revenus et leurs coûts de production, alors que l’investissement dans les vergers d’avocatiers repose sur des cycles longs et une disponibilité suffisante en eau.

Au-delà de la prochaine récolte, la filière doit désormais composer avec une question plus structurelle : la viabilité économique de certaines plantations dans un environnement climatique plus instable.

L’arrachage envisagé par certains producteurs constituerait un signal fort pour un secteur qui a massivement développé ses superficies. Une baisse durable des rendements pourrait réduire l’offre disponible, accroître la volatilité des prix et fragiliser les investissements réalisés dans les exploitations.

Il reste toutefois trop tôt pour chiffrer l’impact final sur la campagne 2026/2027. Les premières prévisions de récolte sont attendues en septembre. D’ici là, l’enjeu pour la filière marocaine sera de mesurer si les épisodes de chaleur de cet été constituent un accident climatique ponctuel ou le symptôme d’une contrainte durable susceptible de remettre en cause l’économie des vergers d’avocats dans le Gharb.