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Nigeria : la croissance accélère

Nigeria : la croissance accélère

L’économie nigériane accélère, sans encore parvenir à desserrer l’étau qui pèse sur les ménages. Le PIB a progressé de 4,43 % sur un an au deuxième trimestre 2026, après 3,89 % au premier, selon les données publiées lundi 31 août par le National Bureau of Statistics (NBS). Cette performance renforce les arguments économiques du président Bola Tinubu à l’approche de la présidentielle de 2027, mais reste confrontée à un paradoxe majeur : l’amélioration des indicateurs macroéconomiques ne se traduit pas encore par une amélioration équivalente du niveau de vie.

Après une croissance de 3,38 % en 2024 et de 3,87 % en 2025, l’économie nigériane semble désormais s’installer sur une trajectoire plus robuste. Mais la Banque mondiale estime que 7 millions de Nigérians supplémentaires sont tombés dans la pauvreté à l’automne 2025. Le FMI évaluait en juin à 63 % la part de la population vivant sous le seuil national de pauvreté et à 27 millions le nombre de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire au dernier trimestre 2025.

Le principal frein reste l’inflation. Certes, celle-ci a fortement ralenti par rapport aux pics supérieurs à 30 % enregistrés après le lancement des réformes de Tinubu. Mais la désinflation ne signifie pas une baisse des prix : elle signifie seulement qu’ils progressent moins vite. En juillet 2026, l’inflation générale atteignait encore 15,43 % sur un an, tandis que celle des produits alimentaires culminait à 20,31 %. Pour les ménages modestes, dont le budget est largement consacré à l’alimentation, le rebond du PIB intervient donc après plusieurs années de forte érosion du pouvoir d’achat.

Cette tension constitue en partie le revers des réformes engagées depuis 2023. La suppression de la subvention sur l’essence et la libéralisation du marché des changes ont permis de réduire certains déséquilibres budgétaires, d’améliorer le fonctionnement du marché des devises et de reconstituer les réserves de change. Mais elles ont également transféré une large partie du coût de l’ajustement vers les consommateurs et les entreprises.

La fin de la subvention a mécaniquement renchéri le carburant, puis les transports et le coût de distribution des marchandises. Dans un pays confronté à des déficiences persistantes de son réseau électrique, le coût de l’énergie alimente également les dépenses des ménages et les charges des entreprises contraintes de recourir aux générateurs.