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Botswana : la banque centrale maintient ses taux

La banque centrale du Botswana a maintenu jeudi son taux directeur inchangé pour la deuxième réunion consécutive, privilégiant la prudence face aux risques de nouvelles tensions inflationnistes. L’institution monétaire veut notamment mesurer les effets de second tour de la hausse des prix du carburant et des tarifs de l’électricité, alors que l’inflation reste nettement supérieure à sa cible.

L’inflation annuelle a toutefois ralenti à 9,4 % en juillet, contre 10,7 % en juin. Ce repli ne suffit pas à rassurer la Bank of Botswana, l’indicateur demeurant largement au-dessus de sa fourchette cible de 3 % à 6 % à moyen terme. Le gouverneur Lesego Moseki a averti que les pressions sur les prix devraient persister. Selon lui, l’inflation restera supérieure à la fourchette cible jusqu’au premier trimestre 2027, imposant une surveillance étroite des anticipations inflationnistes et des effets indirects des hausses de coûts.

La banque centrale a néanmoins revu à la baisse ses projections. Elle table désormais sur une inflation moyenne de 7,9 % en 2026, contre 9 % anticipés en juin. Pour 2027, elle prévoit une accélération de la désinflation, avec un taux ramené à 4,9 %, contre 5,5 % précédemment.

Cette amélioration attendue ne devrait toutefois pas conduire à un assouplissement précipité de la politique monétaire. La banque centrale cherche à éviter qu’une hausse durable des coûts de l’énergie ne se diffuse aux transports, à la production et, in fine, à l’ensemble des prix de l’économie.

Le choix de maintenir les taux intervient dans un contexte économique particulièrement délicat. Le Botswana reste confronté au ralentissement prolongé du marché mondial du diamant, secteur stratégique pour les recettes publiques, les exportations et l’activité économique.

Cette faiblesse de la demande mondiale a déjà contribué à des contractions successives du PIB au cours des deux dernières années, réduisant les marges de manœuvre du gouvernement au moment où la politique monétaire doit simultanément contenir l’inflation.

Pour Gaborone, l’enjeu est donc de trouver un équilibre étroit : empêcher l’inflation de s’enraciner sans accentuer davantage le ralentissement d’une économie déjà fragilisée par la crise du diamant. La trajectoire des prix de l’énergie et la reprise du marché diamantaire seront déterminantes pour la prochaine étape de la politique monétaire.