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Burkina : la BAD identifie cinq clés pour élargir les ressources du financement

La Banque africaine de développement (BAD) appelle le Burkina Faso à intensifier la mobilisation de ses ressources pour financer son développement. Dans son Rapport pays annuel sur les perspectives de développement 2026, l’institution panafricaine identifie plusieurs leviers susceptibles d’accroître les ressources disponibles, notamment les recettes fiscales, les ressources naturelles, le secteur privé, le système financier et la diaspora.

Déclinaison pays du rapport général des Perspectives économiques en Afrique 2026, le document a été officiellement présenté le 18 septembre 2026 à Ouagadougou, lors d’une session organisée en visioconférence. Une soixantaine de participants issus notamment de l’administration publique, des partenaires techniques et financiers, du monde universitaire et de la recherche, du secteur privé et de la Banque africaine de développement ont pris part aux échanges.

L’appel à renforcer la mobilisation des ressources intervient alors que les principaux indicateurs macroéconomiques du Burkina Faso s’améliorent. La croissance économique a atteint 5,3 % en 2025, contre 4,8 % en 2024, dans un contexte marqué par une stratégie économique volontariste et des facteurs extérieurs favorables, notamment la hausse des cours de l’or.

Le déficit budgétaire s’est également contracté, passant de 5,8 % du PIB en 2024 à 1,6 % en 2025. Dans le même temps, l’encours de la dette publique totale est revenu de 57,3 % à 53,8 % du PIB. Cette évolution offre au pays une base favorable pour accroître la mobilisation de ses ressources dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de développement RELANCE 2026-2030.

Le responsable-pays de la Banque au Burkina Faso, Daniel Ndoye, a notamment souligné les progrès réalisés dans la mobilisation des ressources intérieures, citant l’opération Diaspora Bonds.

« Je voudrais notamment relever les performances réalisées dans la collecte des ressources intérieures, ainsi que le succès de l’opération Diaspora Bonds (230 millions d’euros mobilisés en mai 2026). Cette opération illustre la capacité du Burkina Faso à diversifier ses sources de financement et à mieux valoriser l’épargne nationale ainsi que celle de sa diaspora », a indiqué M. Ndoye.

Pour la Banque et le gouvernement burkinabè, plusieurs sources de financement disposent encore d’un potentiel à exploiter. Outre les recettes fiscales et les ressources naturelles, les opportunités concernent le potentiel agricole et énergétique, le système financier, les investissements institutionnels, le secteur privé national et international ainsi que la diaspora. Les échanges ont notamment porté sur les crédits bancaires et les investissements institutionnels comme sources de financement domestique.

L’enjeu ne se limite toutefois pas à mobiliser davantage de ressources. Leur utilisation devra également gagner en efficacité, a souligné Souleymane Nabolé, conseiller technique au ministère de l’Économie et des Finances, représentant le ministre.

« Il nous faut veiller à la qualité de leur utilisation, renforcer l’efficacité des investissements publics et faire en sorte que chaque ressource mobilisée contribue effectivement à la création de valeur, à l’emploi et à l’amélioration des conditions de vie des populations », a-t-il déclaré.

Le Rapport pays 2026 a été présenté par l’économiste-pays de la Banque, Samirinina Andriambelosoa.

Dans un message vidéo, Kevin Urama, économiste en chef et vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances, a présenté le contexte général dans lequel les rapports pays 2026 ont été élaborés. Il a invité les gouvernements africains à mieux tirer parti de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), une initiative de la Banque destinée à renforcer les mécanismes de financement en faveur des pays du continent.

À l’issue de la session, Daniel Ndoye a relevé une convergence entre les conclusions et recommandations du rapport et plusieurs orientations déjà engagées par le Burkina Faso. Il a réaffirmé la disponibilité de la Banque à renforcer son accompagnement au pays, notamment à travers la NAFAD.

Il a également indiqué que la stratégie 2027-2031 de la Banque pour le Burkina Faso accordera une place importante à l’industrialisation, en cohérence avec les ambitions nationales.