Économie nationale : le Togo veut réorienter les investissements industriels
Le gouvernement togolais veut mieux répartir les investissements industriels sur le territoire et renforcer leurs retombées sur l’économie nationale. Adopté cette semaine en Conseil des ministres, un projet de loi portant régime des zones économiques spéciales (ZES) prévoit de diversifier les types de zones et de moduler les avantages accordés aux entreprises selon leur localisation, afin d’encourager les implantations en dehors du Grand Lomé.
Cette réforme vise à corriger les limites du régime de zone franche industrielle instauré en 1989 et révisé en 2011. Si ce dispositif a soutenu le développement des industries exportatrices, il a aussi concentré les investissements dans la capitale et ses environs.
Selon les données présentées par le gouvernement en mars 2026, le régime avait enregistré 141 entreprises agréées depuis sa création, dont 91 encore en activité, pour près de 19 000 emplois directs au profit des Togolais. Les autorités soulignent toutefois les faibles liens entre ces entreprises et le tissu économique national, qui limitent les retombées des investissements sur les fournisseurs locaux et les autres secteurs d’activité.
Le nouveau cadre entend renforcer le contenu local, la formation professionnelle et la création d’emplois qualifiés, tout en favorisant la transformation sur place des matières premières nationales. Sur le plan fiscal, les avantages accordés aux investisseurs seront limités dans le temps et soumis à des conditions, selon le compte rendu du Conseil des ministres. L’enjeu est de préserver l’attractivité du Togo tout en protégeant les recettes publiques et les conditions de concurrence sur le marché national.
Cette réforme intervient alors que le pays cherche à développer son industrie manufacturière, notamment dans l’agroalimentaire et le textile. Lancée en 2021 à Adétikopé, dans la périphérie nord de Lomé, la principale plateforme industrielle du pays revendiquait, en juin 2026, plus de 350 milliards FCFA d’investissements cumulés, soit environ 598,3 millions de dollars, et 6 580 emplois directs. Elle comptait alors 25 entreprises partenaires, dont 12 opérationnelles, principalement dans la transformation du soja, du karité et de la noix de cajou, ainsi que dans le textile.
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