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AFINHAB : Moody’s maintient ses notes

Afrique du Sud : Moody’s alerte sur le poids de la dette

Moody’s Ratings a confirmé les notations à long terme en monnaie locale Ba2 et en devises Ba3 d’AFINHAB (ex-CRRH-UEMOA), ainsi que sa note à court terme « Not Prime ». L’agence a également maintenu la notation de famille d’entreprise (CFR) à long terme à Ba3 et conservé une perspective négative, sur fond de risques liés aux expositions souveraines et bancaires de l’institution.

La confirmation de la note Ba2 en monnaie locale repose sur trois facteurs : l’évaluation intrinsèque b2 d’AFINHAB, un relèvement de deux crans lié à la forte probabilité de soutien de son sponsor et principal actionnaire, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD, Baa1 stable), et un relèvement supplémentaire d’un cran au titre de l’analyse des pertes en cas de défaut (LGD). Ce dernier prend en compte le poids de la dette subordonnée, qui représentait 17,8 % des actifs corporels gérés en décembre 2025 et se situe derrière les passifs seniors dans l’ordre de remboursement.

Le soutien attendu de la BOAD reflète l’importance stratégique d’AFINHAB pour la banque régionale et les États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), notamment dans la promotion et le développement du crédit immobilier résidentiel. La note d’émetteur en monnaie locale se situe ainsi un cran au-dessus de la CFR, maintenue à Ba3.

À fin décembre 2025, les émissions obligataires senior d’AFINHAB atteignaient 115,2 milliards de FCFA (197,4 millions de dollars), auxquelles s’ajoutaient 123,9 milliards de FCFA (212,2 millions de dollars) de financements concessionnels accordés par les institutions de financement du développement (IFD). Ces ressources précèdent, dans l’analyse des risques liés à la dette de Moody’s, les 59,3 milliards de FCFA (101,7 millions de dollars) de dette subordonnée, levée principalement auprès des banques actionnaires.

La notation à long terme en devises étrangères reste plafonnée à Ba3, conformément à l’évaluation du plafond applicable en devises de Moody’s. Cette limite tient compte des risques de transfert et de convertibilité des devises dans la région, ainsi que du statut de non-résident d’AFINHAB au Togo. La confirmation de la CFR à Ba3 repose, elle aussi, sur l’évaluation autonome b2 de l’institution, rehaussée de deux crans au titre du soutien attendu de sa société mère.

L’évaluation intrinsèque d’AFINHAB bénéficie de la qualité de ses actifs, de la structuration prudente de ses prêts, d’une adéquation des échéances entre actifs et passifs qui limite le risque de refinancement, ainsi que d’une liquidité jugée saine. L’élargissement de son offre aux solutions de garantie et de titrisation, en complément de ses activités traditionnelles de refinancement, ouvre également des perspectives de diversification des revenus au-delà des marges bénéficiaires.

Toutefois, la note b2 continue de refléter la dégradation progressive de l’environnement opérationnel sur certains marchés clés, notamment au Sénégal et au Mali. Au Sénégal (Caa2, perspective négative), la note souveraine a été abaissée de cinq crans en deux ans. Les banques locales représentent pourtant la deuxième exposition d’AFINHAB en matière de prêts, avec 17,4 % de l’ensemble des activités de refinancement à fin décembre 2025. Au Mali, où l’institution réalise sa plus importante activité de refinancement de prêts hypothécaires bancaires, soit 22 %, les conditions opérationnelles se sont également détériorées, comme le traduit la perspective souveraine négative. L’évaluation autonome tient aussi compte du statut de société de courtage spécialisée d’AFINHAB, qui limite son activité, de la concentration élevée de ses contreparties et de sa capitalisation modeste : ses fonds propres tangibles représentaient 8,8 % des actifs sous gestion tangibles à fin 2025.

Une perspective négative alimentée par les risques souverains

La perspective négative reflète principalement l’exposition significative d’AFINHAB au système bancaire sénégalais, dans un contexte d’incertitude sur le traitement de la dette souveraine du pays et ses conséquences potentielles pour les établissements de crédit locaux. Une restructuration excluant les créanciers libellés en francs CFA et principalement axée sur la résolution des problèmes de liquidité pourrait limiter les répercussions sur les banques sénégalaises. Mais Moody’s souligne le risque d’un traitement plus large de la dette, susceptible d’entraîner des pertes plus importantes pour les créanciers et d’accentuer la pression sur la solvabilité des banques. Au-delà du Sénégal, cette perspective négative intègre également les risques extrêmes liés aux conditions d’exploitation difficiles au Mali (Caa2, perspective négative) et au Burkina Faso.