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Afrique de l’Ouest : BOAD et CICA-RE s’allient pour renforcer la couverture des risques

Afrique de l'Ouest : BOAD et CICA-RE s'allient pour renforcer la couverture des risques

La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et la Compagnie commune de réassurance des États membres de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CICA-RE) ont conclu un partenariat stratégique visant à intégrer davantage les mécanismes d’assurance et de réassurance dans le financement des projets de développement, une initiative destinée à renforcer la résilience des investissements et à accroître la capacité de financement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

L’accord, signé le 7 juillet à Lomé par le vice-président de la BOAD, Abdoulaye Daffé, et le directeur général de la CICA-RE, Karim Diarassouba, s’inscrit dans les feuilles de route stratégiques des deux institutions, respectivement « Djoliba… La Suite » et « CICA-RE Ambition 2029 ».

Au-delà d’un protocole de coopération, le partenariat prévoit une collaboration opérationnelle autour du partage d’expertise, du renforcement des compétences, de la conception de solutions d’assurance adaptées aux projets financés par la banque de développement et du déploiement d’outils innovants de gestion et de transfert des risques.

L’initiative intervient alors que les banques multilatérales de développement sont confrontées à une montée des risques climatiques, géopolitiques, économiques et financiers, qui renchérit le coût du capital et pèse sur le financement des infrastructures. Dans ce contexte, les mécanismes d’assurance et de réassurance deviennent des instruments de plus en plus stratégiques pour sécuriser les actifs, améliorer le profil de risque des portefeuilles et attirer des investisseurs institutionnels.

Représentant le président de la BOAD, Serge Ekué, Abdoulaye Daffé a indiqué que ce partenariat s’inscrivait dans la stratégie de renforcement des mécanismes de partage des risques de la banque, notamment à travers son approche « Originate to Distribute », qui consiste à structurer les financements avant d’en redistribuer une partie des risques à d’autres partenaires financiers.

Pour Karim Diarassouba, cette alliance doit permettre de mieux mobiliser les capacités africaines de couverture des risques au service du financement du développement. Selon lui, la combinaison de l’expertise financière de la BOAD et du savoir-faire technique de la CICA-RE contribuera à sécuriser les projets structurants, à renforcer la résilience des économies de l’UEMOA et à améliorer la confiance des investisseurs.

À travers ce partenariat, les deux institutions cherchent à consolider l’architecture financière régionale en développant des solutions de financement mieux protégées contre les aléas susceptibles d’affecter leur rentabilité ou leur exécution. L’objectif est également de favoriser une mobilisation plus importante de capitaux privés en réduisant le risque supporté par les bailleurs de fonds.

Institution financière commune des huit États membres de l’UEMOA, la BOAD joue un rôle central dans le financement des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture et de la transition climatique. De son côté, la CICA-RE, créée en 1981 par les États de la zone CIMA, figure parmi les principaux réassureurs africains, avec une notation B+/Stable d’AM Best et AAA (Zone CIMA) attribuée par GCR, des évaluations qui confortent sa capacité à accompagner les grands projets d’investissement sur le continent.