Afrique du Sud : Eskom sécurise son approvisionnement en GNL
La compagnie publique sud-africaine Eskom poursuit sa stratégie de diversification énergétique en dépit des obstacles réglementaires et judiciaires. L’entreprise a annoncé, le vendredi 5 juin, la signature d’un accord-cadre avec le consortium chargé du développement du Zululand Energy Terminal (ZET), un futur terminal d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) qui sera implanté dans le port de Richards Bay.
Cet accord constitue une étape importante dans le programme gazier d’Eskom. Il vise à établir les bases d’un partenariat de long terme destiné à approvisionner une future centrale électrique de 3 000 mégawatts (MW). L’installation utilisera du gaz naturel liquéfié regazéifié comme principale source de combustible pendant toute sa durée d’exploitation, estimée à 25 ans.
Grâce à ce partenariat, Eskom bénéficiera d’un accès aux infrastructures d’importation, de stockage et de regazéification du terminal, un élément essentiel pour garantir l’approvisionnement de la future centrale et soutenir la transition énergétique du pays.
Le Zululand Energy Terminal est développé par une coentreprise réunissant le groupe néerlandais Vopak, l’entreprise sud-africaine Reatile et la société publique Transnet Pipelines. Le consortium avait obtenu en 2024 la concession pour construire et exploiter cette infrastructure stratégique destinée à renforcer la sécurité énergétique du pays.
Pour le directeur général d’Eskom, Dan Marokane, le gaz naturel doit jouer un rôle clé dans la transition énergétique sud-africaine. Selon lui, l’obtention du statut de client fondateur du terminal représente une avancée majeure dans le programme de développement de 3 000 MW de capacités électriques fonctionnant au gaz.
Cette avancée intervient toutefois dans un contexte juridique complexe. En septembre 2025, une haute cour sud-africaine avait annulé l’autorisation environnementale du projet, estimant que les communautés isiZulu concernées n’avaient pas été suffisamment consultées avant l’approbation du terminal. Les procédures réglementaires nécessaires à la relance du projet restent donc en cours.
Malgré ces incertitudes, Eskom continue d’avancer, portée par l’urgence de la situation énergétique nationale. L’Afrique du Sud demeure fortement dépendante du charbon, qui représente encore près de 80 % de sa production d’électricité. Dans le cadre de sa transition énergétique, le gouvernement prévoit de retirer progressivement environ 8 gigawatts de capacités au charbon d’ici 2030 tout en mettant en service 6 gigawatts de centrales à gaz afin d’assurer la stabilité du réseau électrique.
Cependant, ce calendrier se heurte à des difficultés croissantes. Les délais d’approvisionnement en turbines à gaz se sont fortement allongés au niveau mondial. Selon les responsables d’Eskom, il faut désormais attendre près de cinq ans pour obtenir certains équipements auprès de fabricants majeurs tels que Siemens ou General Electric.
Face à ces contraintes, l’électricien public envisage déjà de prolonger l’exploitation de plusieurs centrales à charbon vieillissantes afin de maintenir l’équilibre du système électrique. Dans ce contexte, le projet de terminal de GNL de Richards Bay apparaît comme une pièce maîtresse de la stratégie énergétique sud-africaine, destinée à sécuriser l’approvisionnement du pays tout en accompagnant la transition vers un mix énergétique moins carboné.
