Assurance auto au Maroc : la hausse des primes stoppée net - FINECO Assurance auto au Maroc : la hausse des primes stoppée net - FINECO

Assurance auto au Maroc : la hausse des primes stoppée net

Assurance auto au Maroc : la hausse des primes stoppée net

Alors qu’une augmentation de 5 % des primes de Responsabilité civile (RC) devait entrer en vigueur le 1er avril 2026, le Conseil de la concurrence a décidé de suspendre cette mesure. Une décision qui intervient dans le cadre de l’application de la loi n°70-24, destinée à réformer en profondeur le système d’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation.

À l’origine de cette hausse, une réforme ambitieuse portée par le ministre de la Justice Abdelatif Ouahbi. Adoptée fin 2025, la loi n°70-24 vise à moderniser un dispositif jugé obsolète, en révisant notamment le dahir de 1984 encadrant l’indemnisation des victimes.

Le texte prévoit une revalorisation significative des indemnisations, avec un relèvement du montant plancher de 9 270 à 14 270 dirhams, soit une hausse de près de 53 %. L’objectif est clair : garantir une compensation plus juste pour les victimes d’accidents de la route.

Mais cette avancée sociale a un coût. Dès le lancement de la réforme en 2022, les compagnies d’assurance ont exprimé leurs inquiétudes face à l’impact financier de ces nouvelles obligations. Certaines redoutaient des hausses de primes pouvant être multipliées par quatre ou cinq pour absorber les charges supplémentaires.

Après de longues négociations, un compromis avait été trouvé entre les autorités et les assureurs. Il prévoyait une augmentation progressive des primes RC de 20 % sur cinq ans, soit environ 5 % par an. Une approche graduelle censée permettre au secteur de s’adapter sans pénaliser brutalement les assurés.

Dans cette logique, plusieurs grandes compagnies comme Sanlam, Wafa Assurance et Allianz avaient déjà préparé l’entrée en vigueur de la première tranche de hausse au 1er avril 2026. Des communications internes avaient été diffusées en ce sens, bien qu’aucune notification officielle n’ait été transmise à l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS).

C’est précisément cette coordination qui a suscité l’intervention du Conseil de la concurrence. L’instance a estimé que l’application simultanée et uniforme d’une hausse de 5 % par l’ensemble des assureurs pouvait s’apparenter à une entente sur les prix, une pratique strictement interdite.

Face à ce risque anticoncurrentiel, la décision a été immédiate : suspension de la mesure et injonction faite aux compagnies de revoir leur copie.

Dans la foulée, les assureurs ont informé leurs réseaux commerciaux. Agents et courtiers ont reçu des communications électroniques annonçant le report de la hausse à une date ultérieure, en attendant de nouvelles orientations.