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Automobile : Nissan renforce l’ambition industrielle du Caire

L’Égypte entend capitaliser sur sa position géographique stratégique, à la croisée de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Europe, pour s’imposer comme un hub régional de l’industrie automobile. Dans cette dynamique, le gouvernement multiplie les initiatives visant à localiser la production de véhicules et d’équipements, afin de réduire la dépendance aux importations et d’attirer davantage de constructeurs mondiaux.

Cette stratégie vient de franchir une nouvelle étape avec l’annonce faite le lundi 16 février par le constructeur japonais Nissan Motor Corporation. Le groupe a officialisé le lancement en Égypte d’une nouvelle ligne de production automobile, d’une capacité supplémentaire de 10 000 véhicules par an, avec un taux d’intégration locale supérieur à 50 %.

Selon Mohamed Abdel Samad, récemment promu directeur général de Nissan Africa, cette extension vise à consolider la présence du groupe sur le marché local tout en renforçant sa vocation exportatrice vers le reste du continent. « Cette nouvelle ligne de production permettra de fabriquer 10 000 voitures supplémentaires dès la première année de son entrée en service », a-t-il indiqué lors d’un entretien avec le ministre égyptien de l’Industrie, Khaled Hashem.

Déjà solidement implanté en Égypte, Nissan affiche des performances commerciales notables. Le constructeur a vendu près de 25 000 véhicules en Afrique au cours des trois dernières années et ambitionne désormais de devenir le premier exportateur automobile du continent. Pour l’exercice 2025/2026, la production du groupe en Égypte a atteint 30 000 unités, confirmant le rôle central du pays dans sa stratégie industrielle africaine.

Les chiffres du Conseil d’information du marché automobile confirment cette montée en puissance. En 2025, Nissan s’est hissé en tête des marques les plus vendues en Égypte, avec une part de marché de 19,2 % du total des ventes, renforçant sa position de leader sur un marché en pleine structuration.

Pour le ministre de l’Industrie, cette annonce illustre le potentiel de l’Égypte à devenir un centre régional de l’automobile en Afrique et au Moyen-Orient. Outre sa situation géographique avantageuse, le pays bénéficie d’accords de libre-échange avec plusieurs blocs économiques, d’infrastructures industrielles en développement et d’un marché intérieur conséquent, autant d’atouts pour attirer les investissements étrangers.

Les autorités égyptiennes misent en particulier sur la montée en gamme de la production locale et l’installation d’équipementiers, afin de créer un écosystème industriel intégré. Cette approche doit permettre de renforcer la valeur ajoutée locale, de soutenir l’emploi et de réduire durablement la facture des importations automobiles.

Dans une interview accordée en novembre dernier au média Asharq, Mohamed Abdel Samad avait précisé que Nissan avait investi directement 25 millions de dollars en Égypte, auxquels s’ajoutent 20 millions de dollars d’investissements indirects réalisés fin 2025. Des engagements financiers qui traduisent la confiance du groupe dans le potentiel industriel du pays.

À travers ce partenariat renforcé avec Nissan, l’Égypte confirme ainsi son ambition de se positionner comme une plateforme industrielle automobile de référence, capable de desservir à la fois les marchés africains, arabes et européens.