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Congo : le boom du GNL propulse la croissance à 5,2 % en 2026

La République du Congo devrait connaître un net rebond économique en 2026, portée par l’accélération de sa production d’hydrocarbures et la montée en puissance du projet Congo LNG. Selon Fitch Solutions, la croissance du PIB réel devrait atteindre 5,2 % cette année, contre seulement 2,5 % en 2025. Une performance qui repose largement sur l’augmentation des exportations de gaz et de pétrole, dans une économie toujours fortement exposée aux cycles des matières premières.

Dans un rapport publié mercredi 29 juillet, Fitch Solutions estime que la production nationale d’hydrocarbures devrait progresser de 27,2 % en 2026, principalement grâce à l’entrée en exploitation, en février, de la deuxième phase de Congo LNG. Développé sur le champ offshore Marine XII et opéré par le groupe italien ENI, le complexe vise à transformer les importantes réserves gazières du pays en revenus d’exportation.

Avec cette nouvelle phase, la capacité totale de liquéfaction de Congo LNG atteint environ 3 millions de tonnes de GNL par an, soit l’équivalent de 4,5 milliards de mètres cubes de gaz, selon ENI. La première phase du projet dispose, pour sa part, d’une capacité de 600 000 tonnes annuelles.

Cette montée en puissance devrait provoquer une hausse spectaculaire de la production de gaz naturel, attendue en progression de 128 % cette année. La production pétrolière devrait également augmenter, mais à un rythme plus modéré de 8,8 %.

Le redémarrage des exportations d’hydrocarbures devrait également modifier la dynamique des finances publiques. La fin de la phase II de Congo LNG réduira les importations de biens d’équipement et de matériel d’ingénierie nécessaires à la construction du projet. Parallèlement, la hausse de la production et des cours du pétrole devrait accroître les recettes d’exportation et les revenus de l’État.

Les autorités congolaises ont déjà ajusté leur trajectoire budgétaire. En juillet, elles ont relevé de 10,4 % les dépenses prévues pour 2026 par rapport aux projections initiales, et de 16,5 % comparativement au budget révisé de 2025. Le gouvernement prévoit notamment d’augmenter les crédits consacrés aux biens et services ainsi qu’aux transferts courants, tout en maintenant le contrôle de la masse salariale publique.

Cette amélioration des recettes pourrait ainsi offrir au gouvernement une marge de manœuvre supplémentaire pour soutenir l’économie, à condition que les gains tirés des hydrocarbures soient transformés en investissements productifs plutôt qu’en dépenses récurrentes.

La demande intérieure devrait également rester relativement robuste. L’inflation, qui était limitée à 0,6 % sur un an en mars, a accéléré à 4,5 % en mai, sous l’effet notamment de la hausse des prix alimentaires et des transports. Fitch Solutions table désormais sur une inflation moyenne de 3,5 % en 2026, contre 2,7 % en 2025.

L’impact sur les ménages pourrait toutefois être amorti par des subventions partielles financées grâce à l’augmentation des recettes pétrolières. La consommation des ménages devrait ainsi progresser de 2,5 % en 2025 à 2,7 % en 2026.

Sur le front monétaire, la baisse des réserves obligatoires imposées aux banques et les injections de liquidités de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) devraient soutenir l’offre de crédit et accompagner la reprise de l’activité.

Fitch Solutions prévoit toutefois un ralentissement de la croissance à 3,5 % en 2027, après le pic attendu en 2026. Une trajectoire qui rappelle la forte dépendance de l’économie congolaise à la production énergétique et à la conjoncture des marchés pétroliers et gaziers.

Le scénario pourrait néanmoins être révisé à la hausse si une prolongation ou une intensification du conflit entre les États-Unis et l’Iran provoquait une nouvelle flambée des cours du pétrole. Pour Brazzaville, un pétrole plus cher signifierait davantage de recettes d’exportation, de devises et de revenus budgétaires, offrant au gouvernement des ressources supplémentaires pour accroître ses dépenses et soutenir le pouvoir d’achat.