Côte d’Ivoire : 100 700 m³ de stockage pétrolier à Yamoussoukro - FINECO Côte d’Ivoire : 100 700 m³ de stockage pétrolier à Yamoussoukro - FINECO

Côte d’Ivoire : 100 700 m³ de stockage pétrolier à Yamoussoukro

La Côte d’Ivoire accélère ses investissements dans les infrastructures pétrolières pour renforcer son poids énergétique en Afrique de l’Ouest et du Centre. Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a inauguré vendredi 24 juillet 2026 à Yamoussoukro deux infrastructures logistiques destinées à sécuriser l’approvisionnement national et à accroître l’efficacité de la distribution des produits pétroliers.

Le dispositif comprend notamment le bac R14, d’une capacité de 20 000 m³ et dédié au stockage du gasoil, ainsi que le nouveau poste de chargement en source de la Société de gestion des stocks pétroliers de Côte d’Ivoire (GESTOCI). Trois ans après la mise en service du bac R12 consacré au super sans plomb, ces nouvelles installations portent à 100 700 m³ la capacité nominale de stockage du dépôt de Yamoussoukro.

Avec ce dispositif, la GESTOCI entend également consolider son rôle de pionnier national du chargement en source des camions-citernes pour le super sans plomb et le gasoil. Un bac supplémentaire de 6 000 m³ d’eau a par ailleurs été intégré au complexe afin de renforcer la sécurité des installations et leur capacité d’intervention en cas d’incident.

Pour le directeur général de la GESTOCI, Ibrahima Doumbia, ces investissements s’inscrivent dans la feuille de route 2025-2030 de l’entreprise et répondent à une ambition stratégique : faire de la Côte d’Ivoire « le hub pétrolier incontournable de l’Afrique Occidentale et Centrale ». Une ambition qui repose désormais sur un programme d’expansion beaucoup plus large des capacités logistiques.

Le portefeuille annoncé prévoit notamment la construction à Abidjan d’un bac de 40 000 m³ destiné au super sans plomb, la réhabilitation du dépôt de Bouaké, d’une capacité de 48 000 m³, ainsi que la création de nouveaux dépôts de 40 000 m³ chacun à Odienné et San Pedro. Pour Abidjan, l’enjeu est double : sécuriser durablement l’approvisionnement du marché intérieur et renforcer la position du pays dans les flux régionaux de produits pétroliers.

L’investissement doit également produire des effets sur la chaîne logistique. La généralisation du chargement en source permettra de réduire considérablement le temps nécessaire au remplissage des camions-citernes. Celui-ci devrait passer de 45 à seulement 15 minutes, améliorant la rotation des véhicules et la productivité des transporteurs.

Le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly a toutefois indiqué que la transition serait progressive afin de préserver les intérêts des opérateurs du transport. Les sites d’Abidjan et de Yamoussoukro disposent actuellement d’une capacité opérationnelle combinée de 650 camions par jour. L’objectif est de porter ce volume à 1 800 camions quotidiens à l’horizon 2030.

Cette montée en puissance nécessitera cependant de lever plusieurs contraintes sur l’ensemble de la chaîne pétrolière. Elle s’appuiera notamment sur le dégoulottage de la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR), l’augmentation de la capacité nationale de stockage à 583 000 m³ et la constitution d’une flotte d’environ 3 000 camions adaptés.