Côte d’Ivoire-Botswana : Un nouveau partenariat pour accélérer la transformation minière
La Côte d’Ivoire veut s’inspirer de l’expérience minière du Botswana pour transformer son potentiel géologique en investissements et en valeur ajoutée locale. Abidjan et Gaborone ont signé, le 30 juillet, un accord de coopération couvrant les secteurs des mines et de l’énergie, avec l’ambition de renforcer les capacités ivoiriennes et d’accélérer le développement de nouvelles ressources.
L’accord porte sur plusieurs segments stratégiques : recherche géologique, exploration, diamant, or, minéraux critiques, gouvernance, formation et coopération institutionnelle. Pour Abidjan, l’enjeu est désormais de mieux convertir ses découvertes minières en production industrielle, emplois qualifiés et recettes économiques.
La coopération intervient après une rencontre entre le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue botswanais Duma Boko en mai à Nairobi, en marge du sommet France-Afrique. Elle a été suivie d’une mission du ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, au Botswana.
Cette mission a permis d’intensifier les échanges techniques. Des experts botswanais se sont notamment rendus sur les sites diamantifères de la Société pour le développement minier de la Côte d’Ivoire (SODEMI), afin de partager leur expertise avec les acteurs ivoiriens.
La Côte d’Ivoire figure désormais parmi les territoires miniers les plus suivis d’Afrique de l’Ouest. Plusieurs découvertes ont renforcé son attractivité, notamment le projet aurifère Koné, dans les départements de Kani et Dianra, ainsi que les projets de Tanda-Iguela et Doropo. Le pays dispose également de perspectives dans le manganèse, le nickel et le diamant.
Abidjan veut désormais passer d’une logique d’extraction à une stratégie de création de valeur locale. Le gouvernement vise une contribution du secteur mines-énergie de 14 % du PIB à l’horizon 2040, contre 7 % en 2022. Pour atteindre cette cible, la Côte d’Ivoire cherche notamment à renforcer ses capacités industrielles, ses compétences techniques et la gouvernance de ses ressources.
C’est précisément sur ce terrain que l’expérience du Botswana prend toute sa valeur. Le pays d’Afrique australe reste fortement dépendant des diamants, qui représentent plus de 80 % de ses recettes d’exportation, mais il a réussi à utiliser cette richesse pour soutenir son développement économique et social.
Pour Abidjan, le partenariat doit permettre de tirer des enseignements de ce modèle, notamment en matière de gouvernance, de formation et de structuration de chaînes de valeur locales. L’objectif est de « mieux valoriser les ressources stratégiques » et de renforcer les compétences nationales.
Pour Gaborone, cette coopération offre parallèlement une possibilité de diversifier ses partenariats africains au-delà de ses alliances traditionnelles. Le Botswana peut ainsi renforcer son positionnement comme fournisseur d’expertise minière et élargir son influence économique vers l’Afrique de l’Ouest.
Au-delà de la coopération technique, l’accord ouvre donc un nouveau front dans la compétition africaine pour attirer les capitaux miniers et développer les minéraux critiques. Pour la Côte d’Ivoire, le défi sera désormais de transformer son potentiel géologique en investissements durables, en emplois et en revenus publics, tout en évitant que la hausse de l’extraction ne profite insuffisamment à l’économie locale.
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