Créances : TotalEnergies sort d’Arctic LNG 2
TotalEnergies a définitivement quitté le capital d’Arctic LNG 2, mettant fin à sa présence directe dans le méga-projet gazier russe placé sous sanctions américaines. Le groupe français a confirmé jeudi avoir transféré sa participation de 10% à NordLine, une filiale de l’actionnaire majoritaire russe Novatek. Une sortie du capital qui ne signifie toutefois pas l’abandon de tous ses intérêts financiers dans le projet : TotalEnergies conserve des droits sur le remboursement d’environ 1,3 milliard de dollars de prêts accordés par les actionnaires.
« TotalEnergies confirme que le transfert de sa participation de 10% dans Arctic LNG 2 à NordLine (…) a été finalisé », a indiqué le groupe dans un communiqué. Avec cette opération, le français n’est donc plus actionnaire du projet sibérien, paralysé par les sanctions américaines depuis novembre 2023 en représailles à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Le remboursement des créances reste toutefois suspendu à l’évolution du régime de sanctions. TotalEnergies précise que le recouvrement de sa quote-part des prêts pourrait intervenir à l’avenir « en fonction des sanctions applicables ». L’opération permet ainsi au groupe de réduire son exposition capitalistique à un actif gelé, tout en préservant une possibilité de récupérer une partie des fonds déjà engagés.
La cession intervient après plusieurs années de dégradation de la valeur financière d’Arctic LNG 2. TotalEnergies avait enregistré en 2022 une dépréciation de 4,1 milliards de dollars liée à ses actifs russes, avant que les sanctions américaines ne rendent encore plus incertain l’avenir du projet.
Le transfert avait été annoncé en juillet, lors de la publication des résultats semestriels du groupe, après l’ouverture de discussions avec Novatek. Selon Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, la transaction avait été autorisée par une décision spéciale de la présidence russe en juin.
« Il est dans l’intérêt commun de TotalEnergies et de Novatek de céder l’ensemble de nos actions dans Arctic LNG 2 », avait-il déclaré.
Le projet se retrouve ainsi débarrassé de l’un de ses principaux partenaires occidentaux historiques, alors que les sanctions continuent de limiter fortement ses perspectives commerciales et financières.
Cette sortie marque une nouvelle étape dans le désengagement de TotalEnergies de ses activités russes. Le groupe avait maintenu certaines participations dans des installations russes exportatrices de gaz naturel liquéfié après le déclenchement des sanctions occidentales, mais Arctic LNG 2 constitue désormais un actif dont les droits et obligations contractuels sont largement gelés.
Depuis le 23 novembre 2023, les droits et obligations liés aux contrats du projet sont suspendus à la suite de son placement sous sanctions américaines le 2 novembre de la même année.
Cette situation a profondément bouleversé un partenariat bâti depuis plus d’une décennie avec Novatek. Les deux groupes avaient renforcé leurs liens en 2011 avant de lancer ensemble Yamal LNG en 2013, l’un des grands projets russes de gaz naturel liquéfié dans l’Arctique.
Arctic LNG 2 devait prolonger cette coopération en exploitant un autre gigantesque gisement gazier sibérien. Mais les sanctions ont transformé cette ambition en actif lourdement contraint, laissant désormais TotalEnergies avec une position financière résiduelle plutôt qu’un intérêt industriel direct.
