Croissance en Centrafrique : le financement du développement reste sous tension - FINECO Croissance en Centrafrique : le financement du développement reste sous tension - FINECO

Croissance en Centrafrique : le financement du développement reste sous tension

Croissance en Centrafrique : le financement du développement reste sous tension

La Banque africaine de développement (BAD) a publié mardi 8 septembre son rapport pays 2026 sur la République centrafricaine, dans lequel elle projette une croissance réelle de 2,9 % en 2026 et de 3,9 % en 2027. L’institution estime toutefois que la reprise reste trop fragile pour répondre rapidement aux besoins sociaux du pays et financer sa transformation économique.

Selon la BAD, l’économie centrafricaine a progressé de 3,3 % en 2025, après 1,8 % en 2024 et 0,7 % en 2023. Cette amélioration a été soutenue par le secteur primaire, notamment l’agriculture, la forêt et les mines, ainsi que par un rebond de l’investissement.

Le redressement reste toutefois exposé à plusieurs vulnérabilités. La dette publique a atteint 59 % du PIB en 2025, contre 58 % un an plus tôt, tandis que le déficit courant s’est établi à 7,4 % du PIB. Pour 2026, la trajectoire dépendra notamment de la stabilité sécuritaire, de la disponibilité de l’énergie et de l’avancement de projets d’infrastructures dans les transports, l’énergie et l’agro-industrie.

Le principal défi se situe désormais sur le terrain du financement du Plan national de développement 2024-2028. La BAD chiffre ses besoins à 12,8 milliards de dollars et appelle Bangui à élargir ses sources de financement, en mobilisant davantage l’épargne nationale, la diaspora, les investisseurs institutionnels, le marché régional et le capital privé.

Lors de la présentation du rapport à Bangui le 19 août, le ministre centrafricain de l’Économie, de la Planification et de la Coopération internationale, Marc Mandaba, a reconnu que le redressement observé en 2025 restait insuffisant pour répondre à la demande d’emplois et améliorer durablement les conditions de vie.

La Banque mondiale avait déjà relevé en juillet les limites structurelles des finances publiques centrafricaines. Elle estimait que les recettes intérieures restaient inférieures à 10 % du PIB et que la masse salariale absorbait jusqu’à 73 % des ressources publiques, réduisant fortement la capacité d’investissement de l’État.

La BAD recommande en conséquence de renforcer la mobilisation des recettes domestiques, l’efficacité de l’investissement public et la participation du secteur privé. Elle insiste aussi sur l’utilisation de garanties, de financements mixtes, d’instruments en monnaie locale et de mécanismes de partage des risques afin de rendre davantage de projets finançables.