Égypte : Le secteur privé reste englué dans la contraction
Le secteur privé non pétrolier égyptien a affiché en juillet un regain de confiance, sans toutefois parvenir à sortir de la zone de contraction, la faiblesse persistante de la demande continuant de peser sur l’activité, l’emploi et les investissements. L’amélioration du climat des affaires offre néanmoins un signal plus favorable pour une économie encore confrontée à de fortes contraintes de financement et à des pressions sur les coûts.
L’indice S&P Global Egypt Purchasing Managers’ Index (PMI) est remonté à 46,8 en juillet, contre 46,0 en juin, son plus bas niveau en 41 mois. Il demeure cependant nettement inférieur au seuil de 50, qui sépare une expansion d’une contraction de l’activité.
Cette progression traduit surtout une amélioration du sentiment des entreprises. La confiance des dirigeants a atteint son niveau le plus élevé depuis juin 2022, alors même que les carnets de commandes continuent de se contracter.
« Le regain de confiance des entreprises en juillet montre que les sociétés entrevoient une lueur d’espoir », a déclaré David Owen, économiste principal chez S&P Global Market Intelligence. Selon lui, la faiblesse persistante de la demande oblige encore les entreprises à réduire leurs capacités opérationnelles, mais le ralentissement de la hausse des coûts des intrants pourrait ouvrir la voie à une amélioration des dépenses et de l’activité.
Sur le terrain, les signaux restent toutefois fragiles. Les nouvelles commandes ont reculé pour le septième mois consécutif, entraînant une nouvelle réduction de la production, des achats et des effectifs. L’emploi a poursuivi sa baisse, mais à un rythme désormais marginal, ce qui pourrait constituer l’un des premiers signes d’une stabilisation du marché du travail privé.
La détente des coûts constitue le principal élément positif de l’enquête. Les pressions inflationnistes ont continué de s’atténuer en juillet, la progression des coûts des intrants ayant ralenti à son niveau le plus faible en six mois, bien en dessous de sa tendance historique. Cette évolution a permis de modérer l’inflation des prix facturés par les entreprises, qui a atteint son plus bas niveau en quatre mois.
Cette amélioration des coûts pourrait offrir un peu d’oxygène aux entreprises, alors que la faiblesse de la demande limite encore leur capacité à répercuter les hausses de charges sur les clients. Elle pourrait également réduire les tensions sur les marges et favoriser, à terme, une reprise de l’investissement privé.
Le tableau demeure néanmoins contrasté. L’amélioration de la confiance ne s’est pas encore traduite par un redressement des commandes ni de la production. Pour l’économie égyptienne, l’enjeu sera désormais de transformer ce regain d’optimisme en reprise effective de l’activité, alors que le secteur privé reste confronté à des conditions opérationnelles difficiles.
La hausse du PMI en juillet constitue ainsi un signal encourageant, mais encore insuffisant pour confirmer un retournement durable. Tant que les nouvelles commandes resteront orientées à la baisse, la capacité des entreprises à relancer leurs investissements, leurs recrutements et leur production restera limitée.
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