Égypte : l’offshoring numérique devient un relais de croissance à 5,2 milliards $
L’Égypte accélère sur l’offshoring technologique pour en faire un nouveau moteur de devises, d’investissements étrangers et d’emplois qualifiés. Le pays a généré 5,2 milliards de dollars d’exportations de services d’offshoring en 2025, confirmant la montée en puissance d’un secteur désormais placé au cœur de sa stratégie de diversification économique.
Soutenu par le ministère des Communications et des Technologies de l’information (MCIT) et l’ITIDA, l’écosystème égyptien cherche à dépasser le modèle traditionnel des centres de services et des activités de back-office. L’ambition est désormais de capter davantage de valeur sur les marchés mondiaux grâce aux services numériques spécialisés, notamment ceux intégrant l’intelligence artificielle générative.
L’enjeu est double pour Le Caire : augmenter les recettes d’exportation de services tout en attirant des investissements directs étrangers dans une industrie moins dépendante des ressources physiques. Le pays mise pour cela sur son avantage démographique, ses compétences technologiques et sa position géographique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.
Le secteur compte désormais 252 entreprises réparties dans 282 centres de livraison à l’échelle mondiale. Parmi elles, 177 multinationales emploient plus de 195 000 spécialistes. Cette concentration de talents constitue l’un des principaux arguments utilisés par l’Égypte pour attirer de nouveaux projets internationaux.
Les entreprises recherchent notamment une combinaison de main-d’œuvre disponible à grande échelle, de compétences en intelligence artificielle, de capacités multilingues et d’infrastructures numériques. La possibilité de répartir les activités entre plusieurs pôles régionaux renforce également la résilience opérationnelle du dispositif.
Cette dynamique s’est illustrée lors d’une visite officielle à Alexandrie du Premier ministre Mostafa Madbouly, accompagné du ministre des Communications et des Technologies de l’information Raafat Hendy, du gouverneur d’Alexandrie Ayman Attia et du PDG de l’ITIDA Ahmed Elzaher. Les responsables ont notamment visité les installations de Teleperformance, Concentrix, Vodafone Intelligent Solutions (VOIS) et Sutherland.
Ces quatre groupes emploient ensemble près de 15 000 spécialistes en Égypte et fournissent des services numériques, technologiques et commerciaux à des clients internationaux.
L’expansion du secteur ne se limite plus au Caire. Avec son réservoir de diplômés et son implantation méditerranéenne, Alexandrie s’affirme comme un nouveau centre de production de services numériques à forte valeur ajoutée.
La ville concentre notamment des activités liées aux technologies de l’information, au support logiciel, à l’expérience client et aux services aux entreprises intégrant l’IA. Pour l’Égypte, cette décentralisation constitue un levier supplémentaire pour élargir la capacité d’accueil du secteur.
Avec 5,2 milliards de dollars d’exportations déjà générées en 2025, Le Caire cherche désormais à transformer cet avantage compétitif en flux durables d’IDE, de devises et d’emplois qualifiés. L’intelligence artificielle pourrait accélérer cette mutation en faisant progressivement passer l’offshoring égyptien d’un modèle fondé sur le volume à une industrie davantage rémunérée pour son expertise.
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