Fret aérien : l’Afrique accélère ses volumes
Le fret aérien africain confirme sa résistance. Les compagnies du continent ont enregistré en juin une hausse de 4,7 % de la demande de transport de marchandises sur un an, alors que leur capacité disponible reculait de 7,1 % sur la même période. Une évolution qui traduit une pression accrue sur l’offre, mais aussi le dynamisme des échanges commerciaux sur certains corridors stratégiques, selon les dernières données de l’Association du transport aérien international (IATA).
La croissance africaine a notamment été soutenue par la liaison Afrique-Asie, où la demande a progressé de 0,9 % en juin. Il s’agit du 12ᵉ mois consécutif de hausse sur cette route commerciale, portée par l’intensification des échanges entre les deux régions.
À l’échelle mondiale, le marché affiche une dynamique encore plus robuste. La demande de fret aérien a progressé de 8,5 % en juin par rapport au même mois de 2025, tandis que les capacités ont augmenté de 4,4 %. L’Amérique du Nord a enregistré la plus forte croissance, à 13,1 %, devant l’Asie-Pacifique (+7,9 %), l’Europe (+6,9 %), le Moyen-Orient (+5,6 %) et l’Amérique latine et les Caraïbes (+3,5 %).
Selon l’IATA, cette accélération mondiale repose notamment sur la vigueur des échanges de produits technologiques à forte valeur ajoutée et sur la progression des expéditions urgentes. Le fret aérien bénéficie ainsi d’une demande liée aux chaînes d’approvisionnement nécessitant des délais de livraison courts, malgré le ralentissement de certains indicateurs industriels.
Le commerce mondial a progressé de 5,2 % sur un an, tandis que le prix du kérosène a chuté de 20 % en juin par rapport au mois précédent. La baisse mensuelle des coûts énergétiques offre un répit aux compagnies aériennes, même si le carburant reste 45,8 % plus cher qu’un an auparavant, maintenant une pression importante sur les marges des transporteurs.
L’activité manufacturière mondiale a légèrement ralenti en juin, mais demeure soutenue. Les nouvelles commandes à l’exportation ont toutefois diminué, un signal qui pourrait peser sur la croissance du fret aérien dans les prochains mois.
Malgré des perspectives favorables pour le second semestre 2026, l’IATA appelle à la vigilance. Les tensions géopolitiques continuent de faire peser un risque sur les routes commerciales et les coûts opérationnels des transporteurs.
« Les hostilités au Moyen-Orient et le regain d’attention porté aux droits de douane américains constituent toujours des facteurs de risque », a averti Willie Walsh, directeur général de l’IATA.
Pour les compagnies africaines, l’enjeu sera désormais de transformer la progression de la demande en revenus durables, alors que la contraction de leurs capacités pourrait limiter leur aptitude à capter pleinement la croissance des échanges. Le différentiel entre la hausse des volumes et le recul de l’offre pourrait toutefois soutenir les taux de fret, offrant aux opérateurs une opportunité d’améliorer leurs recettes, à condition que les tensions sur les coûts et les risques géopolitiques ne viennent pas inverser la tendance.
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