Kenya : 3,95 millions $ pour les aliments aquacoles
Le Kenya veut renforcer son autonomie dans la production d’aliments pour poissons. L’entreprise Maxim Agri & Samakgro prévoit d’investir près de 3,95 millions de dollars dans la construction d’une usine d’aliments aquacoles au Green Energy Park d’Olkaria, dans le comté de Naivasha, misant sur l’énergie géothermique pour réduire les coûts de production d’un secteur en pleine expansion.
L’installation devrait afficher une capacité de production de 8 tonnes d’aliments pour poissons par heure et fonctionner grâce à 3 mégawatts d’électricité géothermique fournie par Kenya Electricity Generating Company (KenGen), le principal producteur d’électricité du pays, selon un communiqué publié le 17 juillet.
Le calendrier de démarrage des travaux et la date de mise en service de l’usine n’ont pas encore été précisés. Mais l’annonce intervient alors que les investissements dans la chaîne de valeur aquacole se multiplient au Kenya, notamment dans la production locale d’intrants, devenue un enjeu financier majeur pour la rentabilité des exploitations piscicoles.
En novembre 2025, DiscoverAqua, une coentreprise germano-kényane, avait déjà annoncé la construction d’une unité de fabrication d’aliments aquacoles à Athi River, dans le comté de Machakos. Prévue pour entrer en activité au troisième trimestre 2026, cette usine devrait disposer d’une capacité de production supérieure à 20 tonnes d’aliments par heure.
Cette course aux capacités industrielles répond à la croissance rapide de la pisciculture kényane. Selon la Kenya Fisheries Service (KeFS), la production aquacole a plus que doublé depuis 2017, passant de 12 635 tonnes à 33 423 tonnes en 2024. L’augmentation de la production devrait maintenir la pression sur l’offre d’aliments, un intrant déterminant pour les exploitants.
Les perspectives d’expansion du secteur sont également soutenues par de nouveaux projets d’élevage. Victory Farms prévoit notamment de développer une nouvelle ferme piscicole sur le lac Victoria, dans le comté de Migori. Selon les documents d’étude d’impact environnemental et social soumis à l’autorité nationale compétente, l’investissement est évalué à 750 millions de shillings kényans, soit environ 5,7 millions de dollars, avec un objectif de production potentielle de 30 000 tonnes de tilapia par an en cages flottantes.
Cette montée en puissance des capacités de production met toutefois en évidence un goulet d’étranglement : le coût de l’alimentation. Au Kenya, comme dans de nombreux marchés africains, les aliments pour poissons représentent une part disproportionnée des charges d’exploitation et pèsent directement sur les marges des pisciculteurs.
Un rapport publié en janvier 2026 par le Forum économique mondial (WEF) estime que les difficultés d’approvisionnement en aliments aquacoles contribuent à porter les coûts de production du secteur de 10 à 20 % au-dessus de la moyenne mondiale. L’alimentation représente ainsi entre 70 % et 80 % des coûts totaux de production, contre environ 60 % à l’échelle mondiale.
Cette facture élevée s’explique notamment par la dépendance aux aliments conventionnels importés, à base de tourteau de soja et de farine de poisson. Le développement d’une production locale pourrait donc réduire les coûts logistiques, sécuriser l’approvisionnement et améliorer la compétitivité des exploitations.
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