Kenya : 5 millions $ injectés dans l’irrigation - FINECO Kenya : 5 millions $ injectés dans l’irrigation - FINECO

Kenya : 5 millions $ injectés dans l’irrigation

Kenya : 5 millions $ injectés dans l’irrigation

Le gouvernement kényan accélère sa stratégie d’autosuffisance alimentaire. Le 26 février, les autorités ont lancé les travaux du projet d’irrigation de Kobong’o, dans le comté de Kisumu County, avec pour objectif de moderniser et d’étendre le périmètre irrigué d’Ahero, un site clé de la riziculture nationale.

D’un coût global de 650 millions de shillings (environ 5 millions de dollars), le projet est financé par la Hongrie. Selon le quotidien local The Star, sa mise en œuvre est assurée par l’National Irrigation Authority (NIA).

Concrètement, l’initiative prévoit la conversion de la station de pompage d’Ahero en un système hybride adossé à une centrale solaire de 500 kilowatts. Cette modernisation permettra d’irriguer 400 hectares supplémentaires. D’une durée estimée à 26 mois, le chantier devrait être achevé en février 2027.

Pour Eric Mugaa, ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Irrigation, le projet pourrait générer 5 000 emplois directs et 10 000 emplois indirects, tout en produisant environ 250 millions de shillings (1,9 million de dollars) par an une fois pleinement opérationnel. Ces retombées s’inscrivent dans la Bottom-Up Economic Transformation Agenda (BETA), la feuille de route gouvernementale visant à renforcer la productivité agricole, réduire les importations alimentaires et soutenir les revenus en milieu rural.

Le périmètre irrigué d’Ahero constitue le deuxième pôle rizicole du pays après celui de Mwea. D’après les données du Kenya National Bureau of Statistics (KNBS), le site a produit 32 768 tonnes de riz paddy durant la campagne 2023/2024, soit environ 11 % d’une production nationale estimée à 293 627 tonnes.

L’extension annoncée devrait ainsi renforcer l’offre locale et soutenir la dynamique de croissance du secteur. Entre 2020 et 2024, la production kényane de paddy a progressé de 51 %, passant de 192 473 tonnes à 290 447 tonnes, selon les chiffres officiels.

Malgré cette amélioration, le pays reste fortement dépendant des importations. D’après la plateforme Trade Map, le Kenya a importé 897 977 tonnes de riz blanchi pour une valeur avoisinant 504,8 millions de dollars, ce qui en fait le premier importateur de riz en Afrique de l’Est. Dans ce contexte, le projet de Kobong’o apparaît comme un levier stratégique pour réduire le déficit structurel entre l’offre locale et la demande intérieure.