Logement abordable – UEMOA : Shelter Afrique veut lever 60 milliards FCFA
Face à un déficit de logements estimé à 3,5 millions d’unités dans l’UEMOA, la Banque de développement Shelter Afrique (ShafDB) veut renforcer les ressources disponibles en monnaie locale sur le marché financier régional. L’objectif est de financer davantage de projets de logements abordables et durables, tout en réduisant l’exposition des promoteurs immobiliers au risque de change.
L’institution panafricaine prévoit ainsi de mobiliser 60 milliards FCFA, soit environ 102 millions de dollars, sur le marché financier de l’UMOA. Il s’agit de la première émission obligataire durable de ShafDB, dont la souscription est ouverte du 7 au 30 octobre 2026.
Annoncée lundi 5 octobre, l’opération est structurée en deux tranches. La première, d’une maturité de cinq ans, offre un taux de 6,10 %, tandis que la seconde, sur sept ans, est rémunérée à 6,30 %. CGF Bourse intervient comme arrangeur principal, avec la Société financière internationale (SFI) et Ecobank Group, à travers Ecobank Sénégal, comme investisseurs de référence.
Les fonds levés seront mobilisés en francs CFA puis orientés vers des projets immobiliers dans l’espace UEMOA. ShafDB met en avant l’intérêt de financer les investissements dans la même monnaie que celle dans laquelle les projets génèrent leurs revenus. Cette approche doit notamment limiter le risque de change pour les promoteurs immobiliers, alors que leurs investissements s’inscrivent sur plusieurs années.
L’enjeu financier est d’autant plus important que les besoins de construction restent élevés. Selon les données de la Banque mondiale citées par ShafDB, près de 250 000 logements supplémentaires devraient être construits chaque année pour suivre l’évolution démographique et l’urbanisation dans l’espace communautaire.
Mais l’offre de logements se heurte également à un accès limité au financement. Dans son rapport annuel 2025, AFINHAB, anciennement CRRH-UEMOA, indique que les crédits à l’habitat représentent en moyenne 3 % à 5 % des portefeuilles des banques commerciales de l’Union. Pour l’institution régionale spécialisée dans le refinancement des prêts hypothécaires résidentiels, ce niveau demeure insuffisant au regard des besoins du marché.
AFINHAB relève également que le déficit structurel de logements dans l’UEMOA s’est creusé d’environ 800 000 unités par an, sous l’effet de la croissance démographique et de l’urbanisation.
Le coût du financement constitue par ailleurs une contrainte majeure. Les taux hypothécaires oscillent entre 6 % et 12,5 % selon les pays, pour des maturités pouvant atteindre 15 à 30 ans. À ces contraintes s’ajoutent les difficultés d’accès à un foncier sécurisé, le coût des matériaux de construction et le niveau de bancarisation, qui limitent la capacité des ménages à accéder au crédit immobilier.
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