Maroc : l’exonération douanière sur les viandes prolongée
Le Maroc prolonge jusqu’à la fin de 2026 son dispositif exceptionnel destiné à renforcer l’approvisionnement du marché en viandes rouges, alors que les prix restent sous pression et que la demande demeure soutenue. Les autorités ont décidé de maintenir la suspension des droits de douane sur plusieurs catégories d’animaux vivants et de viandes importées afin d’accroître l’offre disponible et de limiter l’impact de la hausse des coûts sur les consommateurs.
L’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) a confirmé que l’exonération, entrée en vigueur le 27 juillet, restera applicable jusqu’au 31 décembre 2026. Le dispositif concerne notamment les ovins vivants destinés à l’abattage ainsi que les viandes bovines, ovines, caprines et camelines, qu’elles soient fraîches, réfrigérées ou congelées.
Pour Rabat, l’objectif est d’abord de jouer sur l’offre. En réduisant le coût fiscal des importations, le gouvernement cherche à faciliter l’entrée de volumes supplémentaires sur le marché national, à fluidifier les circuits d’approvisionnement et, à terme, à atténuer les tensions sur les prix de détail.
La mesure cible directement les produits considérés comme stratégiques pour l’équilibre du marché des viandes rouges. L’exonération des droits de douane doit permettre aux importateurs de réduire leurs coûts d’entrée et de renforcer leur capacité à approvisionner le marché, dans un contexte marqué par les fluctuations de la production locale et des cours internationaux.
Les autorités maintiennent toutefois un droit de douane de 30 % sur les abats issus des mêmes espèces. Cette différence de traitement vise à concentrer l’effort fiscal sur les segments jugés prioritaires pour l’approvisionnement des consommateurs, tout en conservant une taxation sur d’autres catégories de produits.
La prolongation du dispositif offre également davantage de visibilité aux opérateurs. En connaissant à l’avance la durée de l’exonération, les importateurs peuvent mieux planifier leurs achats, négocier leurs contrats et organiser leur logistique. Pour le gouvernement, cette prévisibilité doit contribuer à sécuriser les volumes disponibles et à réduire les risques de rupture d’approvisionnement.
Le prix de la viande reste sous surveillance
Cette politique intervient alors que la maîtrise du prix des viandes rouges demeure un enjeu économique et social important au Maroc. La suppression des droits de douane constitue un instrument direct pour agir sur le coût des importations, mais son efficacité dépendra de la capacité des opérateurs à répercuter les économies réalisées sur les prix de vente.
La mesure ne règle pas non plus les contraintes structurelles qui pèsent sur la filière, notamment l’évolution de la production nationale, les coûts de l’alimentation animale et les conditions du marché international. Elle permet néanmoins aux autorités d’agir rapidement sur l’offre en mobilisant un levier fiscal.
En prolongeant l’exonération jusqu’à la fin de l’année, Rabat cherche ainsi à gagner du temps et à stabiliser le marché. L’enjeu est désormais de transformer cet allègement douanier en volumes supplémentaires effectivement disponibles pour les consommateurs, tout en contenant les prix dans un secteur où les tensions d’approvisionnement peuvent rapidement se traduire par une hausse du coût de la vie.
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