Maroc : OCP veut réduire la dépendance américaine aux engrais phosphatés - FINECO Maroc : OCP veut réduire la dépendance américaine aux engrais phosphatés - FINECO

Maroc : OCP veut réduire la dépendance américaine aux engrais phosphatés

Maroc : OCP veut réduire la dépendance américaine aux engrais phosphatés

Le groupe marocain OCP, via sa filiale OCP North America, et la coopérative agricole américaine CHS accélèrent leur projet industriel en Louisiane, avec la construction à Waggaman d’une usine d’engrais phosphatés capable de produire plus d’un million de tonnes métriques par an. Ce projet, qui doit prendre place au Cornerstone Energy Park, vise à renforcer l’offre américaine de fertilisants et à réduire une dépendance aux importations devenue stratégique pour l’agriculture américaine.

L’enjeu est d’abord industriel et commercial. Les États-Unis importent actuellement près de 40 % des engrais phosphatés nécessaires à leurs agriculteurs, alors que leurs réserves nationales de phosphate diminuent. La nouvelle unité pourrait ainsi réduire de plus de 48 % la dépendance américaine aux importations d’engrais phosphatés, selon CHS.

Le projet s’inscrit dans une coentreprise entre OCP North America et CHS. La filiale du groupe marocain doit fournir l’acide phosphorique nécessaire à la production, en s’appuyant sur les ressources minières et le savoir-faire d’OCP. Les fertilisants produits seront ensuite commercialisés par les deux partenaires, CHS disposant d’un réseau de distribution particulièrement étendu auprès des coopératives, détaillants et exploitants agricoles américains.

Le choix de Waggaman répond également à une logique logistique. Situé dans la paroisse de Jefferson, le site bénéficie d’un accès aux matières premières et au réseau fluvial du Mississippi, infrastructure essentielle pour acheminer les produits agricoles et industriels à travers les États-Unis.

La construction de l’usine devrait s’étaler sur vingt-quatre mois, sous réserve de l’obtention des autorisations réglementaires et de la sécurisation du financement. Le calendrier souligne toutefois un enjeu plus large : transformer rapidement un partenariat commercial en capacité industrielle locale, alors que Washington cherche à consolider ses chaînes d’approvisionnement agricoles.

Pour CHS, le projet doit rapprocher la production d’engrais des exploitants américains et du réseau coopératif. « C’est un moment passionnant pour l’agriculture américaine », a déclaré Jay Debertin, PDG de la coopérative, mettant en avant la création de valeur pour ses membres.