Nigeria : la banque centrale maintient son taux à 26,5 %
La Banque centrale du Nigeria (CBN) a maintenu son taux directeur à 26,5 %, prolongeant sa politique monétaire restrictive alors que les autorités cherchent à contenir les tensions inflationnistes tout en évitant d’étouffer davantage le crédit à l’économie.
La décision a été annoncée par le gouverneur de la CBN, Olayemi Cardoso, à l’issue de la 306e réunion du Comité de politique monétaire (MPC), tenue les 20 et 21 juillet à Abuja. Il s’agit du deuxième maintien consécutif du taux à 26,5 %, après une réduction de 50 points de base en février, qui avait ramené le principal taux de 27 % à 26,5 %.
La banque centrale choisit ainsi de conserver une politique monétaire prudente face à une inflation qui reste une menace pour le pouvoir d’achat et les perspectives économiques du pays. Selon M. Cardoso, le comité a procédé à une évaluation approfondie de la conjoncture avant de reconduire son dispositif.
Le gouverneur a notamment indiqué que l’inflation globale s’était légèrement modérée en juin 2026, mais que les perspectives restaient fragiles dans un contexte marqué par la reprise des hostilités au Moyen-Orient. Cette situation pourrait alimenter de nouvelles pressions sur les prix, notamment à travers les marchés de l’énergie et des matières premières, compliquant les efforts de stabilisation macroéconomique du Nigeria.
Au-delà du taux directeur, le MPC a modifié le corridor des facilités asymétriques autour du taux de référence, désormais fixé à +50/-450 points de base. Cette décision vise à réduire l’incitation des banques à immobiliser leurs liquidités auprès de la banque centrale et à les pousser davantage vers le financement de l’économie réelle.
L’objectif est de trouver un équilibre délicat entre deux impératifs : maintenir des conditions monétaires suffisamment strictes pour contenir l’inflation et libérer suffisamment de liquidités pour soutenir le crédit, l’investissement et l’activité économique.
Le comité a par ailleurs maintenu le coefficient de réserves obligatoires (CRR) des banques commerciales à 45 %, tandis que celui des banques d’affaires reste fixé à 16 %. Le ratio applicable aux dépôts du secteur public hors comptes de réserve totale (TSA) demeure également à 75 %.
Ces paramètres traduisent la volonté de la CBN de conserver un contrôle étroit sur la liquidité bancaire. Pour les établissements financiers, le niveau élevé des réserves obligatoires continue toutefois de peser sur les ressources disponibles pour le crédit.
La décision de juillet confirme ainsi la prudence de la banque centrale nigériane. Après une première baisse des taux en février, la CBN semble désormais privilégier la consolidation de la stabilité des prix avant d’envisager un nouvel assouplissement monétaire. Le défi sera de préserver la crédibilité de la politique anti-inflationniste tout en évitant que le coût élevé du financement ne freine la reprise de l’investissement privé.
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