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Nigeria : la CBN accorde des licences nationales aux géants de la FinTech

Nigeria : la CBN accorde des licences nationales aux géants de la FinTech

La Banque centrale du Nigeria (CBN) a procédé à une réforme majeure du paysage de la finance numérique en élevant les licences de plusieurs grandes sociétés FinTech et banques de microfinance au statut national. Cette décision permet désormais à des acteurs comme Opay, Moniepoint, Kuda Bank, Palmpay et Paga d’opérer officiellement sur l’ensemble du territoire nigérian, après s’être conformés aux exigences réglementaires en vigueur.

Cette mise à niveau concerne des institutions qui ont connu une croissance rapide, portée par l’essor de la technologie mobile et le déploiement massif de réseaux d’agents. Initialement limitées à des licences régionales, ces FinTechs ont progressivement étendu leur empreinte, dépassant de fait le cadre géographique autorisé par leurs anciens agréments.

L’information a été confirmée à Lagos par Yemi Solaja, directeur du département de la supervision des autres institutions financières à la CBN, en marge de la conférence annuelle du Comité des chefs d’opérations bancaires. « Des institutions comme Moniepoint MFB, Opay, Kuda Bank et d’autres ont été modernisées. Dans les faits, leurs opérations sont déjà déployées à l’échelle nationale », a-t-il déclaré.

Le responsable a également insisté sur l’importance d’une présence physique pour ces acteurs du numérique, en particulier pour le support client. Selon lui, une large part de leur clientèle évolue dans le secteur informel et a besoin de points de contact clairement identifiés en cas de litige ou de difficulté opérationnelle.

L’octroi de licences nationales s’accompagne de contraintes plus strictes. Les FinTechs concernées sont désormais soumises à des exigences de capital plus élevées — notamment un minimum de 5 milliards de nairas pour les institutions de microfinance à portée nationale — et doivent maintenir des bureaux dédiés au règlement des litiges, tout en poursuivant leurs efforts en faveur de l’inclusion financière.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de renforcement de la régulation du secteur. Elle fait suite à des mesures coercitives prises par la CBN, dont les amendes de 1 milliard de nairas infligées en 2024 à Moniepoint et Opay pour non-conformité aux règles de connaissance du client (KYC). À travers cette réforme, la Banque centrale entend consolider les standards de la finance numérique, tout en accompagnant l’expansion nationale d’acteurs devenus incontournables du système financier nigérian.