Nigéria : l’excédent extérieur résiste au T3 2025
La position extérieure du Nigéria est demeurée excédentaire au troisième trimestre 2025, soutenue par la hausse des exportations de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés. Toutefois, le solde global du compte courant s’est nettement contracté par rapport au trimestre précédent, selon les dernières données publiées par la Banque centrale du Nigéria (CBN).
D’après le rapport sur la balance des paiements du troisième trimestre 2025 de la CBN, obtenu mercredi par notre correspondant, l’excédent du compte courant s’est établi à 3,42 milliards de dollars, en baisse de 41,14 % par rapport aux 5,81 milliards de dollars enregistrés au deuxième trimestre de l’année. Ce niveau reste également inférieur aux 5,78 milliards de dollars observés à la même période en 2024, illustrant les pressions persistantes sur les réserves extérieures du pays malgré l’amélioration des flux commerciaux liés au pétrole.
Dans le détail, les exportations de pétrole brut ont progressé de 10,31 % en glissement trimestriel, passant de 7,66 milliards de dollars au deuxième trimestre à 8,45 milliards de dollars au troisième. Cette évolution reflète une meilleure évacuation de la production et des prix internationaux du brut relativement stables sur la période.
Plus marquante encore, la dynamique des produits pétroliers raffinés s’est nettement renforcée. Les exportations ont bondi de 44,03 %, pour atteindre 2,29 milliards de dollars au troisième trimestre, contre 1,59 milliard de dollars précédemment. Les analystes attribuent cette performance à l’intensification de l’activité de raffinage nationale et à la montée en puissance progressive des raffineries privées.
Selon la CBN, « la balance des paiements du Nigéria est restée excédentaire, soutenue en grande partie par la hausse des exportations de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés, malgré une modération du solde global du compte courant par rapport au trimestre précédent ». En parallèle, les importations de produits pétroliers raffinés ont reculé de 12,7 %, passant de 1,89 milliard de dollars au deuxième trimestre à 1,65 milliard de dollars au troisième, contribuant à alléger la pression sur la balance commerciale.
La banque centrale souligne que la combinaison d’exportations pétrolières plus élevées et de la réduction des importations de carburant a été déterminante pour le maintien de l’excédent courant. Néanmoins, la contraction observée par rapport au deuxième trimestre traduit des contraintes structurelles plus larges pesant sur la balance des paiements.
La CBN explique que, malgré un commerce pétrolier favorable, la baisse de l’excédent reflète des sorties de capitaux plus importantes dans d’autres composantes du compte courant, notamment les services et les revenus primaires, ainsi que l’impact des ajustements du taux de change et la progression de la demande d’importations hors pétrole.
Le rapport fait également état d’un excédent substantiel du compte des revenus secondaires, estimé à 5,50 milliards de dollars, principalement porté par les transferts de fonds de la diaspora. Ces envois ont contribué à amortir la faiblesse d’autres postes du compte courant.
Une lecture comparative des données met en évidence une trajectoire contrastée entre les deuxième et troisième trimestres 2025. Alors que le deuxième trimestre avait bénéficié d’entrées nettes plus importantes, portant l’excédent à 5,81 milliards de dollars, le troisième trimestre a vu ce solde se réduire à 3,42 milliards de dollars, en dépit de recettes pétrolières plus élevées. Cette évolution traduit l’effet cumulé de factures d’importation en hausse, d’obligations extérieures accrues et de facteurs saisonniers qui pèsent traditionnellement sur les comptes extérieurs au second semestre.
En 2025, la balance des paiements du Nigéria demeure sous étroite surveillance, dans un contexte de réformes du marché des changes, de suppression des subventions aux carburants et d’efforts visant à stimuler les exportations hors pétrole. La progression des exportations de produits raffinés s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de réduction de la dépendance aux importations de carburant, avec un rôle croissant attendu des nouvelles raffineries et des unités réhabilitées.
Parallèlement, l’augmentation des exportations de pétrole brut s’aligne sur les initiatives de la Nigerian National Petroleum Company Limited et des opérateurs en amont pour stabiliser la production, renforcer la sécurité des pipelines et limiter les pertes liées aux vols et aux arrêts de production.
À moyen terme, le maintien d’un excédent courant solide dépendra toutefois de facteurs plus larges que les seuls gains pétroliers, notamment la maîtrise de la croissance des importations, l’approfondissement des exportations hors pétrole et la pérennité des flux de transferts de fonds.
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