Nigeria : Moody’s ouvre la porte à un relèvement de la note - FINECO Nigeria : Moody’s ouvre la porte à un relèvement de la note - FINECO

Nigeria : Moody’s ouvre la porte à un relèvement de la note

Nigeria : Moody’s ouvre la porte à un relèvement de la note

Le Nigeria améliore son profil macroéconomique, mais reste loin d’avoir levé les risques qui pèsent sur ses finances publiques. L’agence Moody’s a confirmé vendredi 28 août sa note souveraine à long terme en devises et en monnaie locale à « B3 », tout en faisant passer sa perspective de « stable » à « positive ». Un signal favorable qui pourrait ouvrir la voie à un relèvement de la note du géant ouest-africain si l’amélioration des fondamentaux se confirme.

Cette décision repose principalement sur deux facteurs : le renforcement des réserves de change et une croissance économique supérieure aux anticipations. Le Nigeria profite notamment d’un environnement pétrolier plus favorable, avec la hausse des cours du brut liée au conflit au Moyen-Orient et la progression des exportations de produits raffinés.

L’amélioration des recettes extérieures renforce directement les marges de manœuvre de l’économie nigériane. Moody’s estime que l’excédent courant devrait atteindre 6,1 % du PIB en 2026, avant de revenir à 4,1 % en 2027.

Les réserves brutes de change, hors or, droits de tirage spéciaux et position auprès du FMI, s’établissent désormais à environ 31,2 milliards de dollars, soit l’équivalent de près de six mois d’importations. Cette accumulation constitue un important facteur de résilience pour un pays régulièrement exposé aux tensions sur ses comptes extérieurs et sur sa monnaie.

L’amélioration ne repose toutefois pas uniquement sur le pétrole. L’augmentation des exportations de produits raffinés contribue également à renforcer la balance courante, tandis que la production de brut devrait progressivement augmenter.

Sur le front de l’activité, Moody’s souligne également la meilleure résistance de l’économie nigériane. Le PIB réel a progressé de 4 % en 2025, dépassant l’ancienne estimation de l’agence, qui tablait sur une croissance à moyen terme proche de 3 %.

Le rythme devrait rester autour de 4 % dans les prochaines années, porté notamment par l’expansion du secteur non pétrolier et la remontée progressive de la production d’hydrocarbures. La discipline budgétaire et le maintien d’une politique monétaire restrictive pourraient parallèlement contribuer à stabiliser l’environnement macroéconomique et à ralentir l’inflation.

Derrière ces indicateurs encourageants, Moody’s maintient toutefois un avertissement majeur. La note « B3 » continue de refléter des pressions budgétaires persistantes, liées à la faible capacité du gouvernement à mobiliser des recettes et à supporter le poids de la dette.

Le problème nigérian n’est donc pas tant celui d’un endettement global jugé excessif que celui de la capacité de l’État à générer suffisamment de ressources pour honorer durablement ses engagements.

Le passage à une perspective positive marque ainsi une amélioration du risque souverain, mais pas encore une rupture. Pour transformer cette fenêtre favorable en véritable rehaussement de note, Abuja devra consolider ses réserves, maintenir la croissance et surtout élargir durablement sa base fiscale, afin de réduire la vulnérabilité des finances publiques aux revenus pétroliers.