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Ouganda-Tanzanie : l’EACOP vise son premier chargement de brut en février 2027

L’Ouganda pourrait expédier son premier chargement de brut depuis la Tanzanie en février 2027, une échéance qui marquerait l’aboutissement du projet East African Crude Oil Pipeline (EACOP). Long de 1 443 km, l’oléoduc doit relier les champs pétroliers ougandais au terminal maritime de Tanga. Son niveau d’achèvement atteint désormais 92,7%.

La société publique tanzanienne du pétrole (TPDC) a annoncé lundi 21 septembre que le remplissage de la conduite débutera en décembre 2026. Le brut sera progressivement acheminé vers Tanga, où il sera stocké avant d’être chargé sur les navires. Selon Mussa Makame, directeur général de la TPDC, le premier tanker devrait quitter le terminal en février ou au début de mars 2027.

Le calendrier accuse toutefois un retard par rapport aux prévisions initiales. La TPDC attribue ces décalages aux difficultés d’acheminement d’équipements spécialisés et de pièces détachées, dans un contexte de perturbations liées aux conflits au Moyen-Orient.

L’EACOP constitue l’infrastructure d’exportation du développement pétrolier du bassin du lac Albert. Il doit transporter le brut produit par les champs de Tilenga, opéré par TotalEnergies, et Kingfisher, opéré par CNOOC, jusqu’à la côte tanzanienne.

À pleine capacité, ces deux projets doivent produire environ 230 000 barils par jour, contre une capacité de transport de 246 000 barils par jour pour l’oléoduc.

Pour l’Ouganda, pays enclavé, l’infrastructure ouvre une voie d’accès au marché international. Pour la Tanzanie, elle crée une activité de transit et renforce le rôle de Tanga dans les flux pétroliers régionaux.

L’EACOP est détenu à 62% par TotalEnergies, 8% par CNOOC et 15% chacun par l’Uganda National Oil Company (UNOC) et la TPDC. Le projet est conçu pour fonctionner pendant 25 ans.

L’infrastructure génère déjà des retombées économiques en Tanzanie. Selon la TPDC, le chantier a créé environ 7 500 emplois pour des Tanzaniens. Des projets communautaires portant notamment sur l’eau et les routes doivent également se poursuivre pendant la phase d’exploitation.