Pétrole : le Brent dépasse 86 dollars
Les prix du pétrole ont poursuivi leur envolée mercredi, les marchés intégrant une prime de risque géopolitique croissante après le durcissement du conflit entre les États-Unis et l’Iran. La décision du président américain Donald Trump de rétablir un blocus naval visant les ports iraniens, suivie de frappes de représailles de Téhéran contre des installations américaines dans la région, alimente les craintes d’une perturbation durable des flux énergétiques transitant par le détroit d’Ormuz.
Vers 00h29 GMT, le Brent gagnait 1,72 % à 86,19 dollars le baril, tandis que le brut américain West Texas Intermediate (WTI) progressait de 1,4 % à 80,40 dollars. Les deux références pétrolières avaient déjà bondi de près de 2 % la veille, atteignant leur plus haut niveau depuis la mi-juin.
La fermeture revendiquée par l’Iran du détroit d’Ormuz constitue le principal facteur de tension. Avant le déclenchement des hostilités, ce passage stratégique assurait le transit d’environ 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Toute interruption prolongée de cette voie maritime menace directement l’équilibre de l’offre mondiale et accroît la volatilité sur les marchés de l’énergie.
Les tensions militaires se sont encore accentuées mercredi après l’annonce par l’armée américaine de nouvelles frappes destinées à affaiblir les capacités iraniennes utilisées contre la navigation commerciale dans le Golfe. De son côté, l’armée iranienne affirme avoir lancé des attaques de drones contre des positions américaines en Jordanie, tandis que les Gardiens de la Révolution disent avoir visé des installations militaires au Bahreïn et au Koweït. Ces informations n’ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Sur le plan politique, Donald Trump a laissé entendre que de nouvelles mesures pourraient viser le secteur énergétique iranien, tout en indiquant vouloir préserver cet objectif pour une étape ultérieure. Ces déclarations renforcent les inquiétudes des investisseurs quant à une aggravation des sanctions et à un resserrement supplémentaire de l’offre mondiale.
Pour les marchés, le principal enjeu reste désormais l’évolution du conflit autour des infrastructures énergétiques du Golfe. Selon Tim Waterer, analyste chez KCM Trade, un embrasement touchant directement les installations pétrolières pourrait propulser le Brent vers les 100 dollars le baril à court terme. À l’inverse, une reprise des efforts diplomatiques et une réouverture du détroit d’Ormuz permettraient un retour des prix dans une fourchette comprise entre 75 et 80 dollars.
En attendant, les investisseurs continuent d’intégrer une prime de risque élevée, convaincus que les développements militaires au Moyen-Orient resteront le principal moteur des marchés pétroliers dans les prochaines semaines.
