RDC : S&P maintient la note « B- » mais mise sur le cuivre et le cobalt
S&P Global Ratings a confirmé les notes de crédit souverain à long terme « B- » et à court terme « B » de la République démocratique du Congo (RDC), tout en maintenant une perspective positive. L’agence de notation estime que Kinshasa bénéficie de déficits budgétaires contenus et de réserves internationales en hausse, malgré la persistance du conflit armé dans l’est du pays et les récentes tensions sanitaires liées à une épidémie d’Ebola.
S&P prévoit une croissance moyenne du produit intérieur brut (PIB) de 5,5% entre 2026 et 2029, portée par la demande mondiale de cuivre et de cobalt, deux piliers des exportations congolaises. L’agence table également sur un déficit budgétaire global moyen limité à 2,4% du PIB sur les quatre prochaines années, tandis que les réserves internationales continueraient de se renforcer.
La position extérieure du pays a notamment bénéficié de l’émission inaugurale d’un Eurobond de 1,25 milliard de dollars en avril 2026, ainsi que des arrangements en cours avec le Fonds monétaire international (FMI). Cette opération, structurée en deux tranches senior non garanties, comprend 600 millions de dollars à échéance 2032, avec un rendement de 8,75%, et 650 millions de dollars à échéance 2037, offrant un rendement de 9,50%.
Pour S&P, le potentiel minier reste le principal moteur de l’économie congolaise. La production de cuivre et de cobalt devrait progresser en 2026, notamment grâce à la hausse attendue de la production de Tenke Fungurume, exploitée par le groupe chinois CMOC. Cette progression devrait compenser le recul temporaire de la production de Kamoa-Kakula, opérée par Ivanhoe Mines et Zijin Mining, le site étant engagé dans un nouveau plan minier après les perturbations liées à l’activité sismique de 2025.
Les réserves de change ont atteint 8,2 milliards de dollars fin juin 2026, soutenues par la réduction du déficit courant et par des flux d’investissements directs étrangers jugés solides. S&P anticipe par ailleurs une hausse de 26% des prix du cuivre en 2026, ce qui contribuerait à ramener le déficit du compte courant sous la barre des 2%.
Cette amélioration des fondamentaux reste toutefois confrontée à de lourds risques budgétaires et sécuritaires. Le conflit entre l’armée congolaise et le mouvement rebelle M23, soutenu par le Rwanda selon les autorités congolaises et plusieurs sources internationales, se poursuit malgré les initiatives de paix distinctes menées sous l’égide des États-Unis et du Qatar. Les dépenses de défense et les dépenses exceptionnelles dépassent ainsi 3% du PIB chaque année, maintenant une pression importante sur les finances publiques.
Sur le front des réformes, Kinshasa a déjà engagé plusieurs mesures dans le cadre de son programme de Facilité de crédit élargie (FEC) avec le FMI. Elles comprennent notamment l’introduction, en décembre 2025, d’un système standardisé de facturation de la taxe sur la valeur ajoutée, ainsi que la suppression de plusieurs exonérations fiscales et de certaines subventions aux carburants.
Avec un PIB par habitant estimé à seulement 1 100 dollars en 2026, la RDC demeure confrontée à de faibles niveaux de revenus. La perspective positive de S&P offre néanmoins une marge de progression au pays : une amélioration de la notation pourrait dépendre de la poursuite de l’assainissement budgétaire, du renforcement des réserves et de la capacité de Kinshasa à contenir les risques liés à la sécurité et à la dette, tout en transformant la rente minière en croissance durable.
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